L’idée d’une « superbanque » publique des PME suscite l’incrédulité
Coïncidence: le jour où BNP Paribas lançait une campagne publicitaire vantant son engagement à l’égard des PME, le quotidien La Tribune prêtait hier au gouvernement l’intention de réunir au sein d’une même structure Oséo (établissement d’aide à l’innovation, de garantie de prêts et de cofinancement), le Fonds stratégique d’investissement (FSI, fonds souverain à la française) et CDC Entreprises (en charge des activités de capital-investissement pour le compte de la Caisse des dépôts), afin de créer une «superbanque» publique décentralisée. Et ce, dans l’objectif de favoriser l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire.
L’idée d’une meilleure coordination n’est pas nouvelle: alors que les domaines d’intervention des trois entités sont en effet très proches et qu’elles collaborent déjà à plusieurs niveaux, des critiques ont été émises sur la cohérence de l’ensemble.
Alors qu’Oséo dispose d’un guichet unique pour les entreprises innovantes, l’idée fait son chemin à Bercy d’offrir aux PME un interlocuteur public unique au niveau régional. Le ministre des finances François Baroin a en réalité demandé aux dirigeants de la CDC, Augustin de Romanet et Antoine Gosset Grainville, de faire des propositions en ce sens dans les prochaines semaines - une information que la Caisse ne commente pas.
En revanche, l’éventualité de la création d’un établissement unique étonne. Aucune des parties prenantes supposées ne déclare en avoir eu vent. «La direction générale n’a été saisie d’aucune proposition de fusion», affirme une source proche de la CDC qui, en tant qu’institution, n’a jamais été très favorable à l’idée d’absorber Oséo. Même réaction au FSI (détenu à 51% par la CDC et à 49% par l’Etat), dont un responsable trouve «étonnant de réunir financement en fonds propres et en dette» au sein d’une structure unique. Idem à Matignon, qui oppose un démenti catégorique.
Un membre de la commission de surveillance de la Caisse estime même qu’un tel projet «ne serait pas cohérent avec la décision du président Nicolas Sarkozy de donner des moyens supplémentaires au FSI, ni vis-à-vis de l’émission [d’un milliard d’euros] qui vient d’être annoncée par Oséo». Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé en mars l’octroi d’un milliard d’euros supplémentaire à Oséo affecté aux contrats de développement participatif.
Plus d'articles du même thème
-
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires. -
Le gouvernement veut endiguer la fuite de capitaux vers l’assurance-vie luxembourgeoise
L’exécutif abat la carte fiscale pour tenter de dissuader les épargnants de verser les encours sur des contrats luxembourgeois.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Rio ne répond plusAu Brésil, le dernier rempart à la doctrine « Donroe » risque de tomber
Tarifs, menaces, capture de Maduro, soutien aux candidats de droite... En presque deux ans, Donald Trump a fait basculer presque toute l'Amérique latine sous son emprise. Reste le Brésil -
EditorialBlocus des lycées : une « guerre des récits » qui rate l'essentiel
La colère des élèves et l'incapacité financière de l'Etat à y répondre masquent l'urgence d'une refonte totale de l'enseignement, dans un monde révolutionné par l'IA -
FuiteAu Sénat, le groupe Horizons perd cinq membres
Les sénatoriales devaient permettre d'accroître l'assise d'Edouard Philippe sur le bloc central. Un quart de ses élus rejoignent finalement le groupe d'Hervé Marseille. Un signal potentiellement inquiétant, à sept mois de l'échéance