L’examen de l’accord sur le Brexit débute avec trois défaites pour Theresa May
La Première ministre britannique Theresa May est de retour ce mercredi devant le Parlement pour défendre son accord sur le Brexit, ébranlée par plusieurs défaites essuyées la veille qui ont montré la faiblesse de sa majorité et pourraient contrecarrer le processus de divorce. Après la séance de questions au gouvernement, les députés vont se consacrer à la deuxième des cinq séances de débats sur l’accord de Brexit, avant un vote sur ce texte le 11 décembre.
Le gouvernement a publié en fin de matinée l’intégralité de l’avis juridique émis par l’Attorney General Geoffrey Cox sur le contenu de l’accord, qui souligne que le «filet de sécurité» inclus dans l’accord pourrait devenir permanent si les négociations sur les futures relations commerciales échouaient. Mardi, les députés ont estimé, par 311 voix contre 293, que le gouvernement avait commis un «outrage au Parlement» en publiant seulement un condensé de cet avis.
Et comme si cela ne suffisait pas, la Première ministre a essuyé un autre revers mardi avec l’adoption d’un amendement déposé par un membre de son propre parti, Dominic Grieve, et soutenu par 25 députés tories rebelles, qui donne au Parlement un droit de regard sur la suite du processus en cas de rejet le 11 décembre de l’accord négocié par Theresa May. Les députés seront ainsi libres de proposer des scénarios différents de celui établi par l’exécutif, et de réclamer une réouverture des négociations avec Bruxelles ou l’organisation d’un nouveau référendum, voire même le maintien dans l’UE.
Le ministre britannique au Commerce, Liam Fox, a dit redouter mercredi que la Chambre des communes parvienne de ce fait à bloquer une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. «Il existe un danger réel que la Chambre des communes, qui a une majorité naturelle en faveur d’un maintien (dans l’UE), tente de voler le Brexit au peuple britannique. Cela serait un affront démocratique», a-t-il dit lors d’une audition devant une commission parlementaire.
La livre sterling, qui a touché hier un point bas de 17 mois face au dollar après le vote sur l’outrage au Parlement, gagnait 0,43% à 1,27 dollar en milieu de journée.
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