L’ex-Coface Services envisage de se lancer dans la notation

Poussée à étudier cette option par la réglementation bancaire, la société, désormais filiale directe de Natixis, s’est rebaptisée Ellisphere
Antoine Landrot

Le projet de Coface de création d’une agence de notation refait surface. La décision de Natixis de procéder au recentrage de l’assureur-crédit, entamé en 2010, est en effet l’occasion d’une nouvelle vie pour la filiale Coface Services. En 2011, celle-ci est passée directement dans le giron de Natixis. Depuis le 1er janvier dernier, elle a été rebaptisée Ellisphere et s’est recentré sur l’information sur les entreprises.

Concrètement, la société, qui revendique un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros pour 380 salariés, a développé des outils de scoring et d’analyse de données sur les entreprises.

Ses dirigeants ont en ligne de mire l’éventuelle transformation d’Ellisphere en agence de notation, qui faciliterait son développement face aux contraintes réglementaires. «Nous y réfléchissons, indique Jean-Yves Bajon, directeur général d’Ellisphere. Agréés sous Bâle 2, nos scores pouvaient être utilisés par les banques pour calibrer leurs risques. Désormais, avec Bâle 3, la frontière entre le scoring, qui s’appuie sur l’application de modèles mathématiques, et la notation, qui implique également une intervention humaine et la possibilité de diffuser l’information, est très précise».

Or, la filiale de Natixis a mis en place un processus de notation en se dotant d’une équipe composée d’une cinquantaine d’analystes. La transition paraît naturelle. Mais le statut d’agence de notation impliquerait un changement d’actionnaire. «Nous réalisons 25% de notre chiffre d’affaires dans le secteur financier: cumuler le statut d’agence et de filiale de groupe bancaire porte des risques de conflit d’intérêts. Sachant par ailleurs que Coface n’est pas considéré comme stratégique pour Natixis, il est évident qu’Ellisphere ne l’est pas non plus», explique Jean-Yves Bajon, qui précise toutefois ne pas avoir fait l’objet d’approches de la part d’acquéreurs potentiels.

Le directeur général espère profiter du lancement de fonds de dettes d’entreprises pour approcher les sociétés de gestion d’actifs et les institutionnels de taille moyenne, ainsi que de la prise en compte des critères RSE dans l’évaluation des fournisseurs.

Enfin, en conséquence du recentrage d’Ellisphere, l’activité de recouvrement a été externalisée: une société commune a été créée avec le suédois Intrum Justitia, le leader européen du secteur. Baptisée IJCOF, elle est contrôlée à 58% par ce partenaire, tandis qu’Ellisphere en détient 42%.

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