L’ex-Coface Services envisage de se lancer dans la notation
Le projet de Coface de création d’une agence de notation refait surface. La décision de Natixis de procéder au recentrage de l’assureur-crédit, entamé en 2010, est en effet l’occasion d’une nouvelle vie pour la filiale Coface Services. En 2011, celle-ci est passée directement dans le giron de Natixis. Depuis le 1er janvier dernier, elle a été rebaptisée Ellisphere et s’est recentré sur l’information sur les entreprises.
Concrètement, la société, qui revendique un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros pour 380 salariés, a développé des outils de scoring et d’analyse de données sur les entreprises.
Ses dirigeants ont en ligne de mire l’éventuelle transformation d’Ellisphere en agence de notation, qui faciliterait son développement face aux contraintes réglementaires. «Nous y réfléchissons, indique Jean-Yves Bajon, directeur général d’Ellisphere. Agréés sous Bâle 2, nos scores pouvaient être utilisés par les banques pour calibrer leurs risques. Désormais, avec Bâle 3, la frontière entre le scoring, qui s’appuie sur l’application de modèles mathématiques, et la notation, qui implique également une intervention humaine et la possibilité de diffuser l’information, est très précise».
Or, la filiale de Natixis a mis en place un processus de notation en se dotant d’une équipe composée d’une cinquantaine d’analystes. La transition paraît naturelle. Mais le statut d’agence de notation impliquerait un changement d’actionnaire. «Nous réalisons 25% de notre chiffre d’affaires dans le secteur financier: cumuler le statut d’agence et de filiale de groupe bancaire porte des risques de conflit d’intérêts. Sachant par ailleurs que Coface n’est pas considéré comme stratégique pour Natixis, il est évident qu’Ellisphere ne l’est pas non plus», explique Jean-Yves Bajon, qui précise toutefois ne pas avoir fait l’objet d’approches de la part d’acquéreurs potentiels.
Le directeur général espère profiter du lancement de fonds de dettes d’entreprises pour approcher les sociétés de gestion d’actifs et les institutionnels de taille moyenne, ainsi que de la prise en compte des critères RSE dans l’évaluation des fournisseurs.
Enfin, en conséquence du recentrage d’Ellisphere, l’activité de recouvrement a été externalisée: une société commune a été créée avec le suédois Intrum Justitia, le leader européen du secteur. Baptisée IJCOF, elle est contrôlée à 58% par ce partenaire, tandis qu’Ellisphere en détient 42%.
Plus d'articles du même thème
-
Nest alloue 200 millions de livres à une stratégie de dette d'infrastructure liée au climat
Le master trust britannique engage 200 millions de livres sterling dans une stratégie mondiale de crédit orientée vers la transition climatique, avec un pipeline déclaré au Royaume-Uni. -
Emergence Défense rejoint le manifeste ProMilès de soutien aux armées
La Sicav de place Emergence, qui réunit 21 investisseurs institutionnels et porte un compartiment de capital-investissement dédié à la défense, a signé mardi 2 juin le manifeste ProMilès aux Invalides. -
Nordea AM lance son premier fonds systématique obligataire
La stratégie est notamment gérée par Lucette Yvernault et Marton Huebler, qui sont arrivés en octobre dernier.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Contenu de nos partenaires
-
Emploi ou retraiteCumul emploi-retraite : pourquoi des députés et DRH dénoncent une réforme contre-productive
Alors qu’elle vise à inciter les seniors à rester en emploi, des opposants de plus en plus nombreux à cette réforme affirment qu’elle produira l’effet inverse -
Violences après le sacre européen du PSG : Lecornu veut faire payer « celui qui détruit »
Mardi 2 juin, Sébastien Lecornu a dénoncé les débordements survenus après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. « Un auteur d'un acte de violence ou de dégradation doit pouvoir réparer », a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée nationale -
BasculeImmigration : le grand tour de vis européen
Le Parlement européen et les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur un texte ouvrant la voie aux centres de rétention à l’étranger et à un allongement des périodes maximales de rétention