L’Europe tire les activités de banque d’investissement
Les activités des banques d’investissement retrouvent en 2014 la vigueur des années d’avant crise. Selon les chiffres réunis par Dealogic, la barre des 50 milliards de dollars de revenus a été franchie en 225 jours, soit en 21 jours de moins qu’en 2013. Le 14 août 2014, le chiffre d’affaires des banques a atteint 50,3 milliards. C’est le rythme de progression le plus rapide depuis 2007, lorsque cette limite avait été franchie en 184 jours –au moment de l’éclatement de la bulle financière.
Cette embellie compense la médiocrité du trading sur les marchés secondaire de taux, changes et matières premières depuis le début de l’année, en raison de la faiblesse persistante des taux d’intérêt.
Le primaire actions a connu la plus forte progression. Selon Dealogic, ses revenus ont bondi de 33% (à 14,1 milliards), soutenus par les introductions en Bourse (4,8 milliards). Pour ces dernières, 2014 constitue pour l’instant le troisième meilleur millésime de l’histoire, derrière 2007 (5,8 milliards) et 2000 (5,9 milliards). La hausse des marchés boursiers a poussé de nombreux fonds de private equity à coter leurs participations.
En termes géographiques, l’Europe soutient le marché. Selon la société de conseil Freeman & Co, les commissions engrangées par les banques d’investissement ont bondi de 30% au cours des sept premiers mois de l’année (à 17,3 milliards de dollars). Elles pourraient passer la barre des 30 milliards à la fin de l’année, ce qui représenterait une hausse de 35% par rapport à 2013 et le montant le plus élevé depuis 2007 (39,6 milliards avaient été encaissés). Les revenus ont progressé de 10% à la fois dans les deux Amériques (à 31,4 milliards) et en Asie (à 9,6 milliards).
Comme à l’échelle mondiale, le primaire actions tire le marché européen: selon Freeman & Co, les commissions ont doublé pour atteindre 4,1 milliards de dollars. L’activité a été portée par les exigences de solvabilité des nouvelles règles bancaires de Bâle 3, qui ont provoqué une avalanche d’augmentations de capital dans de nombreuses banques européennes (comme les 8,5 milliards d’euros levés par Deutsche Bank et les 5 milliards par Monte Paschi). En comparaison, les revenus tirés des émissions primaires obligataires et des prêts syndiqués ont respectivement progressé de 21% et 28%, à 5,1 et 3,8 milliards de dollars.
Si la poursuite de cette tendance est probable, le ralentissement des grandes économies européennes et les tensions géopolitiques pourraient la compromettre.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose