Le phénomène traverse tout juste l’Atlantique. L’enjeu: éviter que les marchés actions américains ne siphonnent les entreprises de croissance européennes.
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Alexandre Garabedian
Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari, co-fondateurs du Spac 2MX Organic.
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Photo Plead 2020.
Il y a deux façons d’accueillir l’annonce du lancement de Pegasus Europe, la coquille vide que Jean-Pierre Mustier, Bernard Arnault et Tikehau Capital entendent coter sur Euronext Amsterdam. Les pessimistes y verront le nouveau signe d’une bulle alimentée par la politique permissive des banques centrales. Les optimistes, l’amorce d’une reprise en main du destin boursier des entreprises européennes.
Pas un jour sans qu’un special purpose acquisition company (Spac) ne vienne lever des fonds en Bourse. Le phénomène a explosé l’an dernier à Wall Street, avec plus de 80 milliards de dollars collectés par le biais de ces structures que l’on qualifiait autrefois de « sociétés chèque en blanc ». La ruée s’est encore accélérée depuis le 1er janvier : déjà une quarantaine de milliards de dollars levés.
L’investisseur ignore ce qu’il achète, si ce n’est la promesse que le Spac réalisera une acquisition dans les deux ans. Si ces opérations ont un tel succès aujourd’hui, c’est qu’elles offrent à l’entreprise rachetée par un Spac une voie royale pour se coter sans passer par le traditionnel processus d’introduction en Bourse - une procédure longue, incertaine, mais qui offre à l’actionnaire final un niveau d’information et de protection appréciable. On comprend donc que les gendarmes boursiers, notamment en France, n’aient pour l’instant autorisé qu’au compte-gouttes ce type de véhicules.
L’ingénierie financière a malheureusement toujours un temps d’avance sur les régulateurs. Cantonné aux Etats-Unis durant deux décennies, le Spac se mondialise. Certains d’entre eux viennent prospecter sur le Vieux Continent, quand ils n’en font pas leur terrain de chasse exclusif, à l’image de Golden Falcon, qui s’est coté à New York fin décembre afin d’acquérir une valeur montante de la tech en Europe. Les entreprises du cru ont bien compris tout le parti qu’elles pouvaient tirer de cette manne. « J’avais dressé une short-list de cibles européennes, glisse le sponsor d’un Spac. La moitié d’entre elles m’ont contacté spontanément avant que j’aie eu le temps de les appeler !»
La menace est claire : que le New York Stock Exchange et le Nasdaq siphonnent encore davantage les entreprises de croissance européennes, déjà attirées par la profondeur du marché d’actions américain. « L’Europe a besoin de capitaux de croissance. Aux Etats-Unis, le ratio capitalisation boursière sur PIB est trois fois supérieur, il atteint 180% », rappelle un banquier. Effet de mode ou pas, l’Europe ne peut plus regarder passer le train des Spac, au risque de voir ses marchés boursiers s’atrophier.
Après l'opération historique de SpaceX, plusieurs sociétés ont voulu profiter de l’effervescence pour entrer à leur tour en Bourse cet été. Des opérations souvent à l’initiative de sociétés de capital-investissement désireuses de se retirer. Sans doute de quoi expliquer des débuts de cotation en demi-teinte.
Anthropic pourrait déposer son dossier d’IPO dès la fin du mois, pour devancer son rival OpenAI. Il affirme qu’il pourrait égaler ou dépasser le montant de l'introduction record de SpaceX.
La proposition de supprimer une protection en vigueur depuis 2005 a fait l’objet d’une consultation qui s’est achevée le 17 août. Les hedge funds et gestionnaires taclent un projet porté de longue date par Paul Atkins, président du régulateur américain.
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Avant même la présentation de sa copie devant le Parlement, le Premier ministre recule sur une mesure d'économies qu'il avait lui-même annoncée qui devait passer par décret. Un arbitrage au goût amer pour les partisans de la nécessaire réduction du déficit