L’Europe bancaire doit encore éponger 600 milliards d’euros de pertes
Il reste aux banques européennes l’équivalent de 600 milliards d’euros de pertes à enregistrer dans leurs comptes à la suite de la crise. Goldman Sachs évalue les pertes potentielles des banques de la zone euro à 922 milliards d’euros, en tenant compte de leur exposition à l’Europe centrale et orientale et aux Etats-Unis, soit 10,1% du PIB de la zone. Sur ce total, un gros tiers a pour l’instant été enregistré. «Ce ne serait pas pire que dans les autres grandes zones mais on a fait moins de chemin», a souligné hier Natacha Valla, économiste Europe chez Goldman Sachs. Un calcul qui reste soumis à la difficulté de mettre aujourd’hui un prix sur les actifs toxiques des établissements financiers.
Aux Etats-Unis, les pertes bancaires sont estimées à quelque 2.000 milliards de dollars. Mais les banques américaines ont déprécié plus rapidement et de manière plus agressive leurs portefeuilles d’actifs que leurs consœurs européennes. «Sur le LBO, les grands groupes américains ont commencé dès octobre 2007 à se délester de leurs engagements», rappelle un professionnel du capital-investissement à Paris. Les banques européennes se préparent aussi à des pertes sur l’Europe centrale et orientale, même si celles-ci doivent être relativisées (0,8% du PIB, selon les projections de Goldman Sachs).
Cette ardoise supplémentaire à assumer laisse craindre, dans certains pays, de nouvelles interventions étatiques. «Il y aura sans doute d’autres nationalisations», estime Natacha Valla. Pour l’économiste, le montant des pertes à reconnaître de ce côté-ci de l’Atlantique «ne doit pas être sous-estimé dans la faiblesse macroéconomique de la zone euro dans les années à venir».
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