L’essoufflement économique se confirme en France
En France, le climat des affaires s’est un peu dégradé en août, malgré la résilience de l’industrie, et revient à son niveau de mai 2017, confirmant un certain essoufflement de l’activité, selon les données publiées jeudi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
L’enquête mensuelle de l’Insee auprès des chefs d’entreprise révèle que l’indicateur global du climat des affaires s’est inscrit à 105 en août, contre 106 en juillet. L’Institut souligne que le climat des affaires demeure au-dessus de sa moyenne de longue période dans chaque secteur et que l’indicateur de retournement pour l’ensemble de l’économie reste dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable.
Dans le secteur industriel, l’indice a progressé d’un point, à 110, malgré un carnet de commandes à son plus bas niveau depuis mars 2017. Dans les services, la confiance s’est tassée (104) et la perspective générale sur l’activité touche son plus faible niveau depuis novembre 2016.
Publié jeudi également, l’indice PMI flash composite, qui combine des éléments des indices des services et du secteur manufacturier, a apporté une image nuancée de l’économie, avec un niveau de 55,1 en août contre 54,4 en juillet, mais là encore en repli depuis les plus-hauts de fin de 2017.
Au total, les économistes de banque soulignent que le climat des affaires enregistre une érosion mois après mois depuis le début de l’année, après une séquence haussière entamée à l’été 2016 et qui a culminé en décembre 2017, à 112.
Pour Philippe Waechter, directeur de la recherche chez Ostrum AM, «les chefs d’entreprise ne s’attendent pas à un rebond de la croissance au troisième trimestre. La croissance devrait donc se caler sur 1,5% et celle de 2019 serait de l’ordre de 1,4%.»
Même tonalité chez HSBC, où Olivier Vigna souligne que «les chiffres du jour dépeignent une situation moins favorable pour l’économie française. Le secteur des affaires est devenu décisif pour l’élan économique, les investissements des entreprises ayant contribué davantage à la croissance du PIB au cours des derniers trimestres que la consommation privée, pourtant un moteur clé traditionnel de l’activité.»
Pour le gouvernement, qui espérait une croissance de 1,8%, l’équation budgétaire se complique. D’autant que l’ensemble de la zone euro peine à maintenir son dynamisme. L’indice PMI composite d’août, publié hier, a déçu, avec une hausse de seulement 0,1 point, à 54,4, sur fond de tensions commerciales internationales.
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