L’Espagne revote dans une totale indifférence des marchés
Ce dimanche, les Espagnols retournent aux urnes pour la quatrième fois en quatre ans et la deuxième cette année. Le chef du gouvernement sortant, le socialiste Pedro Sanchez, arrivé en tête lors du scrutin d’avril dernier, n’a pu conclure d’accord de gouvernement, entraînant de nouvelles élections législatives.
Au vu des derniers sondages, aucun parti n’aura, cette fois encore, la majorité absolue et une coalition formée par le parti socialiste (PSOE), Podemos et Mas Pais (jeune parti de gauche) avec l’appui des indépendantistes est la plus probable. Les dirigeants des deux formations créditées du plus grand nombre de sièges devraient être incités à trouver un accord.
«Les intentions de vote semblent en effet plus fragmentées que lors du scrutin d’avril, avec un renforcement des partis de droite au détriment de la gauche», estiment les économistes de Barclays. La droite a gagné des points depuis les manifestations en Catalogne qui ont suivi la condamnation des dirigeants séparatistes.
Pour autant cette incertitude politique ne semble guère émouvoir les investisseurs. Le rendement à 10 ans espagnol a atteint un plus bas de 0,03% fin août avant de remonter (+25 points de base) mais dans une moindre ampleur que les taux core (+40 pb pour le Bund). «L’absence de gouvernement en Espagne n’empêche pas le pays d’améliorer sa situation budgétaire, souligne Axel Botte, stratégiste chez Ostrum AM. Du coup, le pays a moins besoin de venir sur le marché, ce qui est positif pour les emprunts espagnols.» Tant qu’il n’y a pas de gouvernement, le budget actuel est prolongé sans modifications possibles. Les analystes de S&P Global Ratings estiment néanmoins qu’un gouvernement issu d’un tel environnement politique fragmenté n’aura pas un soutien suffisant pour affronter les défis économiques auxquels est confronté le pays (déficit structurel et chômage élevé).
Une coalition PSOE-Podemos ne serait pas une surprise pour le marché mais elle pourrait avoir un impact sur les taux espagnols à court terme, selon les économistes de Barclays. La crainte est celle d’un budget trop expansionniste (comme celui prévu pour 2019 dont le rejet avait provoqué les élections d’avril). Mais aussi que la nouvelle coalition revienne sur la réforme du marché du travail. Une coalition entre les socialistes et la droite serait mieux perçue à court terme par les investisseurs mais elle serait plus incertaine à moyen terme. L’autre hypothèse est celle de nouvelles élections si dans les quatre mois aucun parti ne parvient à un accord de gouvernement. Ce qui sur le moyen terme risque de peser sur l’économie, selon S&P.
Plus d'articles du même thème
-
Le PIB britannique s’est légèrement contracté en avril
Le Royaume-Uni a connu un petit recul de croissance au mois d’avril après avoir progressé de 0,3% en mars. Les répercussions du conflit au Moyen-Orient pèsent sur l’économie mais les prévisionnistes sont partagés sur la suite. -
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Inégalités, injustices, privilèges : la confusion qui fausse le débat public
Chaque année, la dénonciation des écarts sociaux précède le débat budgétaire dans une grande confusion entretenue entre inégalités, injustices et privilèges -
Pendant ce temps-là...Pendant le G7, Vladimir Poutine organise son sommet avec l'Asean
Le président russe veut profiter du 35e anniversaire des relations entre la Russie et le bloc régional d'Asie du Sud-Est pour rappeler qu'il est loin d'être isolé sur la scène internationale -
En meeting à Aubervilliers, Raphaël Glucksmann fait une déclaration d'amour à la gauche
Salle comble, ferveur, discours offensif, Raphaël Glucksmann a réussi son premier meeting de presque candidat. Reste à convaincre le Parti socialiste