Les valeurs bancaires sont victimes de ventes à découvert massives
Les attaques subies par les valeurs bancaires françaises depuis mercredi ne sont pas sans rappeler celles vécues par les banques américaines fin 2007, alors fragilisées par les pertes des subprimes. Cette fois, c’est la crise de la dette en Europe qui a servi de prétexte aux fonds pour lancer les vagues de ventes de titres massives constatées ces derniers jours, et à l’origine de l’effondrement des cours de Bourse de la Société Générale, de BNP Paribas ou du Crédit Agricole mercredi et jeudi en séance.
Inquiets de la situation de bilan des banques françaises, à tort ou à raison, les hedge funds suivent une stratégie simple et régulièrement pratiquée: vendre le titre à découvert et acheter le CDS, les contrats de protection contre le risque de défaut de l’émetteur concerné. Ainsi, quand le cours de l’action Société Générale chutait de 16% en 4 jours, son CDS s’envolait de 56 %! «Ces stratégies peuvent parfois être mises en place simultanément par 3 ou 4 fonds, dans la volonté de tester la solidité de la cible et voir la réaction du marché», explique un gérant de fonds d’arbitrage.
Une fois que le cours de l’action a chuté, ou qu’un signe de remontée apparaît, le fonds rachète sur le marché ses positions vendeuses, cède simultanément ses CDS, et encaisse ses plus-values. Puis cherche une nouvelle cible. Les périodes de crise, comme celle actuellement traversée par les marchés, constituent le meilleur terrain de jeu pour les fonds.
Dans ce type de stratégie, et surtout pour des valeurs faiblement liquides, la difficulté pour les hedge funds est de se faire prêter des actions pour ensuite pouvoir les vendre à découvert. «Le marché de la Société Générale est suffisamment large pour pouvoir se procurer facilement des titres auprès d’actionnaires de long terme, fonds de pension anglo-saxons ou sociétés de gestion européennes, via les grands prime brokers», indique ce gérant. Le prêt est rémunéré selon des tarifs qui dépendent de la liquidité du marché et de l’activité du hedge fund, mais «le prix standard varie entre 30 pb et 50 pb annuels». Le risque pour le fonds est de devoir racheter sa position sous la contrainte, par exemple si le prêteur rappelle ses titres, à un prix plus élevé. Le cas Volkswagen de 2008 constitue un des «squeeze» les plus fameux.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement