Les technologiques profitent des sommets de la Bourse américaine pour se coter
La rentrée promet d’être très active du côté des introductions en bourse aux Etats-Unis. Alors que le S&P 500 et le Nasdaq continuent à battre de nouveaux records (en hausse respectivement de 6% et de 27% depuis le début de l’année), les sociétés technologiques se bousculent pour rejoindre la bourse, espérant devenir des licornes, en dépassant le milliard de dollars de capitalisation boursière, bien qu’elles soient encore souvent déficitaires.
Parmi les derniers dossiers déposés devant la SEC (Security and Exchange Commission) américaine, figurent ceux de la société d’analyse de données Sumo Logic valorisée plus d’un milliard de dollars lors d’une levée en 2019 ; de la société technologique israélienne Jfrog, qui pourrait se valoriser 2 milliards de dollars ; d’Unity Software, plate-forme de développement de jeux 3D, évaluée 6,1 milliards de dollars lors d’un tour de financement en mai 2019 ; et de Snowflake, une plate-forme de données cloud valorisée 12,4 milliards de dollars lors d’un tour de financement en février et qui pourrait valoir jusqu’à 20 milliards selon des proches du dossier, précise le Financial Times.
Près de 19 milliards de dollars de cotation
Les autres secteurs ne sont pas en reste. La société d’investissement StepStone compte lever 100 millions de dollars, et au moins quatre sociétés biomédicales ainsi qu’un site de télémédecine sont aussi sur les rangs.
Avec presque 19 milliards de dollars de nouvelles cotations, le mois de juillet a été le mois le plus actif depuis septembre 2014, durant lequel 36 sociétés avaient levé 33 milliards de dollars, selon Bloomberg. Depuis le début du mois d’août, les volumes ont déjà dépassé les 16 milliards. Des chiffres soutenus notamment par la multiplication des Spac (special purpose acquisition company), à l’instar de la prochaine IPO (initial public offering) de Luminar via une fusion avec le Spac Gores Metropoulos.
En particulier, les éditeurs de logiciels profitent de la bourse pour se financer. Depuis le début de l’année, 18 sociétés se sont cotées, levant un total de 5,5 milliards de dollars, selon Bloomberg. Depuis leur entrée en bourse, leur action a progressé en moyenne de 91%, contre 53% pour l’ensemble des IPO (hors Spac). «Les investisseurs cherchent à déployer des capitaux là où le taux de croissance est élevé et là où cette croissance est durable», a expliqué un responsable des marchés de capitaux de Morgan Stanley à Bloomberg, constatant que l’été 2020 est historiquement le plus actif.
Asana privilégie la cotation directe
Par ailleurs, l’éditeur de logiciels d’amélioration de la productivité Asana, qui a récemment été traité autour de 5 milliards de dollars sur le marché secondaire, selon Bloomberg, a opté pour une cotation directe, qui pourrait être la première de l’année. En 2018, le service de streaming musical Spotify avait choisi la cotation directe, suivi en 2019 par la messagerie professionnelle Slack.
Ce choix de la cotation directe pourrait tenter davantage d’entreprises. D’autant que le Nasdaq vient de demander au régulateur américain de modifier ses règles, afin de permettre aux sociétés entrant en bourse via une cotation directe de lever des capitaux. Les propositions du Nasdaq devraient être publiées aujourd’hui par la SEC, selon Reuters. Elles prévoient notamment que la banque introductrice fixe une fourchette de prix et le nombre de titres offerts, et que la cotation ne pourrait ouvrir avec un prix inférieur de plus de 20% à la fourchette indicative. La cotation directe constitue une alternative à une IPO traditionnelle, qui sous-évalue les sociétés afin de favoriser les gains des investisseurs dans les premiers mois de cotation, selon certaines théories. Pour sa part, le Nyse a déjà soumis avant l’été à la SEC un changement de règles autorisant la levée de fonds lors d’une cotation directe. Ces règles stipulent que la cotation doit débuter dans la fourchette de prix indicative.
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