Les taux souverains s’envolent alors que la guerre en Iran ne faiblit pas
L’accalmie sur le front pétrolier ne suffit visiblement pas à rassurer les investisseurs. Alors que le cours du Brent est retombé sous 110 dollars le baril après avoir frôlé les 120 dollars la veille, les taux souverains s’emballent depuis le début de l’après-midi.
Le rendement de l’obligation américaine à dix ans gagnait plus de 10 points de base (pb) vendredi peu après 16h et celui à échéance de deux ans s’adjugeait 13 pb. En Europe, les taux ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2011. En Allemagne, le rendement à 10 ans grimpait de 8 pb à plus de 3% et il montait de 11 pb en France, à 3,75%. Il s’envolait de 17 pb en Italie, à 3,96% et au Royaume-Uni, à plus de 5%.
En réaction, les marchés actions ont plongé dans le rouge au tournant de l’après-midi. L’Euro Stoxx reculait de 1,8%, le CAC 40 de 1,5% et le Dax de 1,9%. A Wall Street, le S&P 500 perdait 0,8%. L’once d’or poursuivait également son repli, à moins de 4.600 dollars. Des effets techniques, dus au débouclage de nombreuses positions sur des produits dérivés, ont également pu aggraver le phénomène.
Une hausse de taux d’ici octobre ?
Alors que Donald Trump a accusé les pays de l’Otan d’être des «lâches» pour ne pas l’avoir soutenu dans sa guerre contre l’Iran et que des informations du Wall Street Journal évoquent le possible déploiement de milliers de soldats américains supplémentaires au Moyen-Orient, les investisseurs semblent intégrer la perspective d’un renchérissement du prix du baril pour une période prolongée. Un scénario qui risque de renforcer l’inflation à travers le monde, incitant les banques centrales à maintenir voire durcir leur politique monétaire.
Selon l’outil Fedwatch de CME Group, le marché juge que la probabilité pour que la Banque centrale américaine baisse ses taux d’ici la fin de l’année est désormais proche de zéro alors qu’elle s’élevait à 14% jeudi et à 40% il y a une semaine. A l’inverse, il y a près de 50% de chances pour que la Fed les augmente d’ici sa réunion d’octobre alors que cette probabilité était estimée à seulement 6% la veille.
Vendredi matin, le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, avait estimé dans une interview à Bloomberg TV que la BCE pourrait être obligée d’envisager une hausse de taux dès sa prochaine réunion, programmée en avril, si les tensions sur les prix s’accentuent à cause de la guerre en Iran.
A lire aussi : La BCE se projette dans un monde plus inflationniste
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