Les taux s’enfoncent à des niveaux de crise
Du jamais vu. Les taux américain et allemand ont atteint, ce matin, des nouveaux plus bas historiques, les investisseurs craignant un net ralentissement de la croissance mondiale avec le coronavirus.
L’épidémie continue de se propager avec près de 100.000 contaminations et plus de 3.300 morts. Au choc d’offre initial, causé par la fermeture et la lente reprise de l’activité en Chine, s’ajoute désormais un choc de demande, notamment dans le secteur du tourisme et des transports aériens.
Après avoir enfoncé le plancher de 1% en début de semaine, le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans américain chutait de 18 points de base (pb) vendredi matin, à un nouveau plus bas historique de 0,73% avant de remonter autour de 0,78% en fin de matinée. Le taux à 30 ans américain reculait de 23 pb, à 1,31%, tandis que le taux à 2 ans baissait de 13 pb, à 0,46%.
En Europe, les taux allemands retrouvent leurs plus bas d’août dernier, quand les craintes de récession étaient à leur paroxysme sur le marché. Ce matin, le rendement du Bund à 10 ans a diminué de 4 pb, à -0,73%.
En revanche, les taux français et périphériques se tendent, signe de l’aversion marquée des investisseurs pour le risque et de la discrimination qu’ils opèrent dans leurs choix d’allocation. Le rendement de l’OAT, l’emprunt d’Etat français, se tend de 2 pb, à -0,33%. La dette italienne est la plus affectée avec un taux 10 ans en hausse de 10 pb, à 1,16%. L’Italie est le pays le plus touché en Europe avec près de 4.000 cas et 148 morts, ce qui le place dans une situation économique délicate. Seule la dette grecque fait moins bien (+18 pb, à 1,42%).
Les marchés actions sont en forte baisse en Europe où les indices reculent de près de 4% au lendemain d’une rechute de Wall Street (S&P 500 en baisse de 3,4%).
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