Les craintes sur la croissance font rechuter les Bourses
Des nouvelles peu rassurantes sur la propagation du coronavirus, notamment aux Etats-Unis, ont de nouveau fait flancher les places boursières en Europe (avec des baisses entre 1,5% et 1,9%) et à Wall Street (recul de près de 3%, effaçant en partie le rebond de la veille). La volatilité des derniers jours illustre l’incertitude à laquelle les investisseurs sont confrontés. L’indice VIX de volatilité de l’indice S&P 500 se maintient à des niveaux élevés à plus de 37%.
La croissance mondiale va pâtir de la crise sanitaire et de ses conséquences sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur la demande intérieure dans les pays les plus affectés. Le nombre de cas approche 100.000 dans le monde avec des foyers préoccupants en Italie et en Iran et plus de 3.000 morts. Mais pour l’heure, difficile de savoir quel en sera l’impact. C’est cette incertitude qui pèse le plus sur les décisions des investisseurs.
Le FMI, qui estimait son coût à 0,1 point de croissance il y a encore 10 jours pour l’ensemble de 2020, va revoir cette estimation. Kristalina Georgieva, sa directrice générale, a indiqué que la durée de l’épidémie étant difficile à prédire, il était compliqué à ce stade de dire de combien serait révisée sa prévision de croissance pour 2020. Elle a néanmoins précisé qu’elle serait sous celle de 2019 (2,9%). 2020 serait donc la pire année depuis la crise (contraction du PIB mondial de 0,7% en 2009).
L’OCDE avait déjà revu, la semaine passée, sa prévision, à 2,4%, soit 0,5 point de moins que son estimation précédente. Mais dans un scénario moins favorable de pandémie, l’OCDE craint que la croissance ne chute à 1,5%. L’IIF se montre encore plus pessimiste avec une prévision de 1% (contre 2,6% en 2019 selon ses chiffres). L’institut a revu en baisse ses prévisions pour les Etats-Unis, où le creux d’activité adviendra au deuxième trimestre, à 1,3% (2% auparavant) et à 4% (contre 5,9%) pour la Chine. L’Allemagne, le Japon et les marchés émergents sont des points vulnérables face au risque économique du coronavirus, selon l’institution.
De nombreux économistes ont abaissé leurs prévisions de croissance ces dernières semaines mais aucun n’anticipe encore de récession. Oxford Economics, l’un des plus pessimistes, voit la croissance mondiale chuter à 2%. La plupart anticipent le scénario d’une reprise au deuxième ou au troisième trimestre. Mais au vu de l’incertitude sur l’étendue de l’épidémie, l’exercice de prévision est tout sauf une science exacte.
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