Les sociétés françaises de capital-risque confirment leur regain d’activité
Les tendances se confirment dans le capital-risque. Les investissements des sociétés de gestion françaises en Europe se sont maintenus à un niveau soutenu en 2010. Selon l’indicateur Chausson Finance, 1,05 milliard d’euros a été apporté à 677 sociétés technologiques, contre 910 millions un an plus tôt. Grâce à un deuxième semestre particulièrement dynamique (+31% à 532 millions d’euros), l’activité du capital-risque a réalisé sa meilleure année depuis le record établi en 2000, au faîte de la bulle internet (1,15 milliard).
Alors que le venture est à juste titre considéré comme le maillon faible du private equity européen, comparé à son homologue américain, l’activité des gérants français s’est stabilisée depuis 2007 autour du milliard d’euros en dépit de la crise financière, après une période 2001-2006 terne. «En 2000, les investissements étaient réalisés par des véhicules de type FCPR, qui collectent auprès des institutions financières. Arrivés plus tardivement, les FIP et FCPI, qui font appel à l’épargne des particuliers, ont pris une part croissante dans les investissements», explique Christophe Chausson, fondateur de la société de conseil en levées de fonds. Ils ont ainsi représenté 62% de l’argent placé au second semestre. Dans les dix plus gros investisseurs, on trouve six sociétés utilisant des FCPI. L’une d’elle, OTC AM, détrône d’ailleurs Sofinnova, une habituée de la première place.
Une autre catégorie d’investisseurs s’est également développée: les business angels très fortunés. «Ces anciens entrepreneurs peuvent investir des sommes supérieures au million d’euros. Cette tendance devrait s’accentuer», ajoute Christophe Chausson.
Professionnels et pouvoirs publics pourraient légitimement se réjouir du dynamisme du soutien à l’innovation, si ces chiffres ne masquaient pas une réalisé plus nuancée. De semestre en semestre, on note une désaffection des gérants pour l’amorçage, c’est-à-dire la première étape d’investissement, la plus risquée car elle concerne de très jeunes entreprises. Seuls 65 millions d’euros ont été investis à ce niveau, à peine 6,2% du montant total.
A l’opposé, quatre investissements dépassent les 20 millions d’euros, dont deux sont supérieurs à 50 millions (Insude Secure et Cerenis Therapeutics), un record. Un phénomène que Christophe Chausson explique par le manque d’appétit des investisseurs actions pour les introductions en Bourse.
Plus d'articles du même thème
-
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna. -
Le secteur aérien européen sera contraint de relever à nouveau ses tarifs
La hausse attendue des factures de carburant en 2027 ne pourra être intégralement compensée par de nouvelles économies de coûts. -
«Désescalade géopolitique et rééquilibrage des trajectoires monétaires vont devenir moins défavorables à l’euro»
Corentin Ponton, responsable de prévision à la Direction des études économiques de La Banque Postale.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Bombe socialeEncadrement des loyers : « Investir dans un appartement à Paris est devenu moins rentable que de mettre son argent sur un livret A »
Le logement peine pour l'instant à trouver sa place dans le débat présidentiel. Il représente pourtant plus du tiers des dépenses contraintes. Pour Bertrand Moine, du think tank Génération libre, il est nécessaire de détricoter un certain nombre de normes qui étouffent le secteur immobilier si la France veut créer un choc d'offre et, partant, agir vraiment sur les loyers -
L'heure du choixPrésidentielle : la tentation Christine Lagarde
La présidente de la BCE affirme ne pas vouloir être candidate. Dans les milieux politiques et économiques, certains l'y encouragent pourtant. Elle dispose de quelques semaines pour trancher définitivement -
Radicalement centristesMidterms : chez les démocrates, les socialistes ont fait du bruit, les modérés ont fait la différence
Les candidats du courant socialiste ont fait du bruit tout au long de la campagne des midterms et quadruplé leur nombre au Capitole. Mais, selon notre analyse, la future majorité démocrate à la Chambre sera dominée par l'aile modérée