Les secteurs en difficulté attirent les fonds de capital investissement
Dans un contexte morose pour les levées de fonds dans le capital-investissement, certaines sociétés de gestion tirent leur épingle du jeu. Mis à part Rothschild, qui a adopté un thème généraliste, les récentes collectes surfent sur les conséquences de la crise.
Alors que le secteur financier est en convalescence, Carlyle a annoncé hier la clôture d’un fonds sectoriel de 1,1 milliard de dollars destiné plus particulièrement à l’assurance, la gestion d’actifs et les services financiers. Baptisé Carlyle Global Financial Services Partners, il est dirigé depuis New York et Washington par Olivier Sarkozy, directeur général de la firme. La crise a laissé bon nombre de sociétés de taille moyenne en manque cruel de fonds propres et sous la pression de concurrents plus importants ayant mieux résisté. Trois investissements déjà réalisés représentent 30% du véhicule.
HarbourVest Partners a également jeté son dévolu sur un secteur bousculé. La firme veut lever et coter à Londres un fonds qui rachètera la dette bancaire émise par les sociétés sous LBO. La valeur des cibles pourra atteindre jusqu’à 1 milliard de livres sterling (1,13 milliard d’euros). Le portefeuille pourra contenir entre 20 et 30 lignes. Si le fonds ne cherchera pas spécifiquement à investir dans des sociétés en difficulté, le marché actuel de la dette LBO offre des décotes qui attirent les investisseurs.
L’immobilier a été le premier concerné par la crise et il n’est pas surprenant qu’il ait été particulièrement concerné par les levées de fonds récentes. Starwood Capital, spécialiste du secteur, a ainsi levé deux fonds cumulant 2,8 milliards de dollars. Hospitality Fund II dispose de 965 millions à investir dans l’hôtellerie (dont certains groupes sont en faillite), tandis que Starwood Global Opportunity Fund VIII, avec 1,8 milliard, acquerra des actifs auprès d’emprunteurs défaillants.
Mais ces annonces, faites par des sociétés de gestion ayant pignon sur rue, sont l’arbre qui cache la forêt. Selon Preqin, consultant spécialisé dans le capital-investissement, les levées de fonds au premier trimestre (50,4 milliards de dollars) ont reculé de 34% par rapport au premier trimestre 2009. On est encore plus loin (-81%) du record pour un début d’année, établi en 2008. Il faut remonter à 2003 pour observer une entame encore plus terne.
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