Les remboursements de crédit inquiètent moins les ménages français
Les ménages détenant des crédits ont majoritairement ressenti l’an dernier une amélioration ou une stabilisation de leur situation financière, si l’on en croit la 32e édition de l’Observatoire des crédits aux ménages (OCM) publié hier par la Fédération bancaire française (FBF). Sur 13.000 ménages interrogés en novembre dernier, une proportion de 14,8% (contre 12,6% en 2018) estime que leur situation s’est améliorée et 50,7% des sondés (contre 41,7%) font état d’une stabilisation.
Face à cette évolution, les ménages jugent désormais à 86% que «le poids des charges de remboursement de leurs crédits est dans l’ensemble supportable», soit une progression de 1,8 point par rapport à l’année précédente. Compte tenu des conditions de crédit toujours favorables, les intentions de souscription à de nouveaux crédits immobiliers ont nettement rebondi pour s’établir à 4,9% (après 4,2% en 2018). Les intentions pour les crédits à la consommation ont en revanche reculé à 3,8% contre 4%, même si ces crédits servent surtout à financer des achats de biens durables.
D’un an sur l’autre, l’enquête montre que le taux global de détention des crédits a légèrement reculé, en passant de 47,8% à 47,4%. Ceci est surtout dû à la poursuite de la baisse de l’utilisation des cartes proposées par les commerçants, qui a ramené le taux de détention des crédits à la consommationà 26,5% (après 26,8%), même si la détention des crédits détenus auprès d’une banque ou d’un établissement de crédit est restée quasiment stable (19% contre 19,1%). Le taux de détention des crédits immobiliers demeure de son côté élevé (31,1% après 31,4%) malgré la moindre appétence des ménages pour les travaux réalisés dans leur logement.
Craignant une surchauffe du marché des crédits immobiliers, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a invité mi-janvier le secteur bancaire français à exercer une vigilance accrue sur ce type de crédits. En décembre dernier, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) avait recommandé que les remboursements liés à un crédit immobilier soient strictement plafonnés à 33% des revenus des ménages et que la durée d’un prêt n’excède pas 25 ans. François Villeroy de Galhau a souligné que cette recommandation s’appliquait «à tous les nouveaux prêts déposés depuis ce mois de janvier», faute de quoi les banques pourraient être contraintes de provisionner une surcharge en capital pour les prêts non conformes.
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