Les régulateurs rognent les ailes d’UBS
UBS tente de faire bonne figure dans l’affaire des pertes causées par son ancien trader Kweku Adoboli, alors que les régulateurs britannique et suisse ont prononcé des sanctions contre la banque suisse. Celle-ci s’est vu infliger une amende de 29,7 millions de livres sterling (37 millions d’euros) par la Financial Services Authority (FSA) à Londres, en concertation avec l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), l’autorité de tutelle helvète.
La FSA précise qu’UBS a bénéficié d’une réduction de 30% par rapport à la peine qu’elle aurait dû encourir (42,4 millions de livres), parce que l’établissement a accepté une solution négociée à un stade précoce et qu’il a dépensé 16 millions de livres pour enquêter sur les causes de l’incident.
«Nous […] acceptons les conclusions et l’amende qui nous a été imposée. Nous sommes heureux que ce chapitre soit clos et que les autorités de réglementation aient reconnu les mesures prises par UBS depuis le début de cette affaire», indique l’établissement dans un communiqué.
Il rappelle qu’il a «remédié aux défaillances en matière de contrôle», sanctionné les collaborateurs mis en cause, renforcé sa solidité financière, accru ses efforts de formation, largement élagué ses activités de banque d’investissement afin de rendre sa structure moins complexe et ses résultats moins volatils.
En effet, l’établissement avait annoncé fin octobre la suppression d’environ 10.000 emplois et l’abandon d’une grande partie de ses activités de trading sur les marchés de taux.
La Finma en a malgré tout rajouté une couche hier. Elle exige notamment qu’UBS nomme un auditeur indépendant afin d'évaluer les mesures appliquées pour remédier aux défaillances mises en évidence par le scandale. L’efficacité des mesures de lutte contre les transactions non autorisées devra également être contrôlée par un auditeur.
Mais ce ne sont pas là les mesures les plus contraignantes. UBS devra surtout demander l’autorisation de l’autorité suisse avant toute initiative d’ordre commercial émanant de sa banque d’investissement, laquelle s’est vu purement et simplement interdire toute acquisition.
Kweku Adoboli a fait perdre à la banque 2,3 milliards de dollars sur les marchés en septembre 2011. Il a été condamné la semaine dernière à sept ans de prison pour fraude.
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