Les professionnels du prêt syndiqué craignent une stabilité des volumes
Le marché international de la syndication bancaire de prêts ne retrouvera vraisemblablement pas tout son éclat l’an prochain, loin s’en faut. Dans un environnement toujours délicat, le sondage annuel mené auprès de ses membres (en l’occurrence auprès de 580 personnes dans 30 pays) par la Loan Market Association britannique laisse transparaître une certaine résignation.
«Les choses peuvent encore empirer avant toute amélioration» comme le souligne la LMA en constatant que les restructurations de prêts pourraient bien constituer selon 28,9% de ses membres le principal vivier de «meilleures opportunités» d’activité en 2013. Les personnes interrogées citent ensuite, à 23,5% les «refinancements de grande envergure» et les «marchés émergents» à 22,4%. Ce dernier élément est tout de même «encourageant» aux yeux de la LMA, qui rappelle avoir récemment diffusé une documentation dédiée à l’activité sur ces marchés toujours prometteurs. Mi-décembre, le groupe énergétique public d’Abou Dhabi Taqa a ainsi signé un crédit de 2,5 milliards de dollars auprès d’un syndicat de vingt-six banques, parmi lesquelles BNP Paribas et la Société Générale.
Si les restructurations sont attendues comme une force motrice du marché des prêts syndiqués, ce dernier devrait sans surprise rester faible en volumes. 47,8% des membres de la LMA s’attendent à subir une relative stabilité sur le marché primaire en zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). Seuls 65,5% songent à une hausse de plus de 25% et 2,2% à une baisse de plus de 25%. Selon les chiffres de Dealogic arrêtés au 24 décembre, les montants de prêts syndiqués en Europe-Moyen Orient ont plongé de 37% en 2012, avec un recul encore plus marqué à 43% pour les prêts libellés en euros.
L’attentisme est désormais fermement ancré dans l’esprit des banques face à deux thèmes qui vont à n’en pas douter influencer structurellement le marché l’an prochain, à savoir l’évolution contraignante du cadre réglementaire, avec Bâle 3 (sujet d’influence numéro un pour 30% des personnes interrogées), ainsi que les effets de la crise de la dette souveraine en zone euro (29%).
Deux tiers des membres de la LMA estiment d’ailleurs que les modifications de réglementations auront une influence «significative» sur leur activité. «Les banques n’ont simplement plus les mêmes capacités de prêts qu’auparavant» confiait au Financial Times un cadre de Credit Suisse.
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