Les producteurs de pétrole remettent le marché en risque
Après plus de trois heures de réunion, lundi, les pays producteurs de pétrole de l’Opep+ ont remis à mardi leurs pourparlers en vue d’augmenter, ou non, la production de 0,5 million de barils par jour (mbj) pour février, option laissée possible en décembre au moment de décider de réduire les coupes de production de 7,7 à 7,2 mbj pour janvier. L’Arabie saoudite et la majorité souhaitent revenir dessus afin de prendre en compte la nouvelle escalade de contaminations au coronavirus, qui ralentit l’économie, et va probablement limiter encore la demande jusqu’en mars.
La Russie et le Kazakhstan souhaitent, eux, toujours faire valoir l’option de réduction des coupes de -0,5 mbj en février. En hausse lundi matin, les contrats à terme ont enclenché un mouvement baissier au fur et à mesure que ces divergences se confirmaient : de plus de -2%, à 47,50 dollars/baril, pour le contrat «Février 2021» sur le brut WTI, et de -1,7%, à 50,94 dollars/baril, pour le contrat «Mars 2021» sur le Brent.
Les pays de l’Opep se coordonnent depuis deux ans avec d’autres partenaires, comme la Russie, pour réduire l’offre et soutenir les cours face à une activité mondiale en baisse, fortement accentuée par la crise du Covid-19, qui les a amenés à décider d’une réduction de production record (-9,7 mbj) le 10 avril 2020. «Au milieu des signes encourageants, les perspectives pour le premier semestre 2021 sont très mitigées et il y a encore de nombreux risques baissiers à jauger», s’inquiétait, dimanche, le secrétaire général de l’Opep, Mohammad Barkindo. «Selon les conditions actuelles, des excédents sont attendus de février à avril, avant que la demande ne se rétablisse à partir de mai, donc une éventuelle décision de l’Opep+ de ne pas augmenter la production maintiendrait les soldes à un niveau gérable», analysait Bjornar Tonhaugen chez Rystad Energy.
Après s’être contracté de 66% en 2020, le trafic aérien devrait rester 50% au-dessous de son niveau de 2019 en 2021 quelles que soient les restrictions plus locales, et cette seule baisse de la demande de kérosène devrait continuer à limiter le potentiel du pétrole. Même si, à plus long terme, le sous-investissement du secteur – faute de capacités de financement pour le pétrole de schiste aux Etats-Unis et faute de nouveaux gisements pour le pétrole traditionnel ailleurs – finira par faire remonter les cours. «Il est probable que la production ‘non Opep’ ait atteint un plus haut, ce qui place l’Opep en pole position pour augmenter sa part de marché dans les prochaines années», estime Joel Hancock, spécialiste Oil & Gas chez Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Eni affiche des performances trimestrielles en demi-teinte
Le recul des résultats du groupe italien d’hydrocarbures est contrebalancé par la forte augmentation de son programme de rachats d’actions. -
Donald Trump prolonge le cessez-le-feu mais ne rassure pas les marchés
La pause dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran était censée prendre fin mercredi soir mais le président américain l’a prolongée de manière unilatérale et pour une durée indéterminée. Les investisseurs ne s’emballent pas pour autant.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique