Les pays européens se pressent sur le marché obligataire
L’Espagne a établi un record de souscriptions pour son émission syndiquée à dix ans. Une opération qui confirme un début d’année en trombe.
Publié le
Xavier Diaz
Le contexte politique de l’Espagne n’a pas perturbé son émission de 10 milliards d’euros.
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Jose Miguel Guardeño /Pixabay
Les émetteurs souverains de la zone euro n’ont aucune difficulté à se financer sur les marchés financiers. L’Espagne a obtenu, hier, 53 milliards d’euros de demande pour son émission à 10 ans syndiquée d’un montant de 10 milliards d’euros. «C’est un record de souscriptions sur le marché de l’euro déjà détenu par l’Espagne qui confirme son statut de favori auprès des investisseurs», indique Frédéric Gabizon, responsable européen marché primaire obligataire chez HSBC. Ce montant est d’autant plus remarquable que le rendement offert, de 0,525%, est bas. Une partie non négligeable de l’opération a été souscrite par des asset managers et par 78% d’investisseurs non résidents, essentiellement européens. «Le spread proposé à l’émission a finalement été resserré de 5 points de base (pb) à 32 pb au-dessus du midswap, ce qui correspond à une prime offerte par rapport au marché secondaire proche de zéro», indique Frédéric Gabizon.
L’émission n’a pas été perturbée par le contexte politique espagnol. Après plusieurs mois sans gouvernement, la coalition formée par le parti socialiste et le mouvement d’extrême gauche d’Unidas Podemos a obtenu de justesse l’aval du parlement. Une situation politique risquée. Mais les investisseurs ont besoin de rendement.
L’Espagne réalise plusieurs opérations en syndication par an. «Elle émet, notamment, des souches nouvelles à 10 ans deux fois dans l’année en janvier puis en juillet, explique Frédéric Gabizon. Cela lui permet d’avoir une qualité de placement plus efficiente que lors des adjudications.» Mais plus généralement, les grands pays émetteurs en zone euro (Allemagne, France, Italie et Espagne) placent leurs titres dans le cadre de placements syndiqués quand il s’agit d’opérations atypiques (devises, green bond…) ou quand la situation de marché le rend nécessaire. Ainsi, l’Espagne a-t-elle placé la totalité de ses émissions souveraines via des syndications après la crise de la zone euro.
L’émission de l’Espagne vient après celles du Portugal et de l’Irlande, la semaine passée, qui ont reçu des demandes dépassant 20 milliards pour des obligations à 10 ans avec des spreads serrés. Chypre a émis 1,75 milliard d’euros hier, avec une demande record de 13,5 milliards, dont une partie doit servir à rembourser par anticipation des prêts du FMI. La Belgique et la Slovénie ont annoncé des placements dans les prochains jours. L’Italie va émettre une obligation à 30 ans. Les émetteurs souverains européens bouclent généralement 60% de leurs programmes d’émissions au premier semestre.
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