Les pays européens se pressent sur le marché obligataire
Les émetteurs souverains de la zone euro n’ont aucune difficulté à se financer sur les marchés financiers. L’Espagne a obtenu, hier, 53 milliards d’euros de demande pour son émission à 10 ans syndiquée d’un montant de 10 milliards d’euros. «C’est un record de souscriptions sur le marché de l’euro déjà détenu par l’Espagne qui confirme son statut de favori auprès des investisseurs», indique Frédéric Gabizon, responsable européen marché primaire obligataire chez HSBC. Ce montant est d’autant plus remarquable que le rendement offert, de 0,525%, est bas. Une partie non négligeable de l’opération a été souscrite par des asset managers et par 78% d’investisseurs non résidents, essentiellement européens. «Le spread proposé à l’émission a finalement été resserré de 5 points de base (pb) à 32 pb au-dessus du midswap, ce qui correspond à une prime offerte par rapport au marché secondaire proche de zéro», indique Frédéric Gabizon.
L’émission n’a pas été perturbée par le contexte politique espagnol. Après plusieurs mois sans gouvernement, la coalition formée par le parti socialiste et le mouvement d’extrême gauche d’Unidas Podemos a obtenu de justesse l’aval du parlement. Une situation politique risquée. Mais les investisseurs ont besoin de rendement.
L’Espagne réalise plusieurs opérations en syndication par an. «Elle émet, notamment, des souches nouvelles à 10 ans deux fois dans l’année en janvier puis en juillet, explique Frédéric Gabizon. Cela lui permet d’avoir une qualité de placement plus efficiente que lors des adjudications.» Mais plus généralement, les grands pays émetteurs en zone euro (Allemagne, France, Italie et Espagne) placent leurs titres dans le cadre de placements syndiqués quand il s’agit d’opérations atypiques (devises, green bond…) ou quand la situation de marché le rend nécessaire. Ainsi, l’Espagne a-t-elle placé la totalité de ses émissions souveraines via des syndications après la crise de la zone euro.
L’émission de l’Espagne vient après celles du Portugal et de l’Irlande, la semaine passée, qui ont reçu des demandes dépassant 20 milliards pour des obligations à 10 ans avec des spreads serrés. Chypre a émis 1,75 milliard d’euros hier, avec une demande record de 13,5 milliards, dont une partie doit servir à rembourser par anticipation des prêts du FMI. La Belgique et la Slovénie ont annoncé des placements dans les prochains jours. L’Italie va émettre une obligation à 30 ans. Les émetteurs souverains européens bouclent généralement 60% de leurs programmes d’émissions au premier semestre.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché des placements privés se passe des Euro PP
A l’instar du marché public, la dynamique reste soutenue sur les segments Schuldschein et US PP. En revanche, le marché Euro PP n’a compté qu’une seule transaction au premier semestre. -
L’émission obligataire d’AT&T reflète une approche plus prudente des investisseurs
Le géant américain des télécoms a réalisé fin juillet une émission obligataire jumbo en cinq tranches, en euro et en livre sterling, rare en cette période estivale. Mais après un mois de juillet chahuté, les investisseurs réclament plus de prime et préfèrent des durations courtes. -
La France émet avec succès 12,5 milliards d’euros d’OAT
L’Agence France Trésor (AFT) a conduit jeudi sa première adjudication sur des obligations à long terme depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Revolut décroche son agrément bancaire français
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Confort d'étéCanicule : ces solutions tech pour améliorer le confort de vos logements
Des experts présentent des alternatives à la climatisation pour mieux supporter à court terme les vagues de chaleur -
Le RN et la malédiction du second tour (1/4)Présidentielle de 2002 : Jean-Marie Le Pen face au mur du rejet
Longtemps, la légende fut que Jean-Marie Le Pen ne voulait pas du pouvoir. L’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002 raconte une autre histoire : même s’il le convoitait ardemment, il n’était pas prêt à le conquérir. -
Médicaments : le dilemme italien face à l’offensive américaine
Avec 69 milliards d’euros d’exportations, le secteur est devenu l'un des moteurs de l’économie italienne. Un accord avec Washington protégerait l’industrie, mais pourrait alourdir considérablement la facture du système de santé, déjà sous pression