Les pays de la zone euro foncent sur le marché de la dette
Les candidats se bousculent sur le marché de la dette souveraine en euro alors quela hausse des taux s’accélère. Mercredi, le rendement du Bund à 10 ans est repassé en territoire positif pour la première fois depuis février 2019 après avoir pris plus de 20 points de base (pb) depuis le 1er janvier. Dans le même temps, le taux 10 ans français a également augmenté d’une vingtaine de points de base.
Janvier devrait être un mois record sur le marché obligataire en euro, tous types d'émetteurs confondus, avec déjà plus de 190 milliards d’euros émis. Le mois le plus prolifique de l’histoire avait été janvier 2020 avec 239 milliards, selon Bloomberg. La semaine passée, il a accueilli près de 100 milliards d’euros d’émissions, un record hebdomadaire, dont la moitié réalisée par les émetteurs publics. Ce secteur, emprunts souverains et obligations d’émetteurs supranationau, est particulièrement actif.
Mercredi, la Grèce a émis 3 milliards d’euros d’obligations à 10 ans dans le cadre d’une syndication bancaire et l’Autriche 6,25 milliards en trois tranches, dont un nouvel emprunt à 7 ans et deux abondements d’obligations à long terme. Mardi, la Belgique avait émis 5 milliards à 10 ans. Ces opérations s’ajoutent aux emprunts de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande et de Chypre. L’Italie avait ouvert le bal avec un emprunt de 7 milliards à 30 ans. Au total, les émetteurs souverains de la zone euro ont placé 40 milliards. Toutes ces opérations se caractérisent par des niveaux de souscription élevés : 15 milliards de demande pour 3 milliards sur l’émission grecque; 55 milliards pour l’émission italienne, par exemple.
Optimisme
Malgré la forte activité sur le primaire et la réduction des achats par la Banque centrale européenne, les spreads entre pays de la zone euro ne se sont pas écartés. La forte demande pour ces émissions, dont les rendements redeviennent un peu plus intéressants pour les investisseurs, explique en partie ce soutien. Les émetteurs souverains ont d’ailleurs en partie vidé le marché primaire corporate sur lequel les opérations sont moins souscrites, signe là aussi d’un début de normalisation.
«Cela témoigne d’un certain optimisme de la part des investisseurs même si, là aussi, on ne voit pas comment les rendements peuvent échapper à la poussée des banques centrales qui resserrent presque à l’unisson», relèvent les stratégistes d’ING. Le PEPP, le programme d’achats d’urgence pandémique de la BCE, qui avait nettement ralenti en décembre, poursuit sa baisse depuis janvier : les achats nets étaient négatifs de 8,1 milliards la première semaine en raison des tombées obligataires, positifs de 14,3 milliards seulement la deuxième.
«Dans cet environnement, il faut s’attendre à des taux d’intérêt volatils, ce qui s’accompagne généralement d’une réticence à acheter des obligations plus risquées, comme celles de l’Italie», insistent les stratégistes d’ING. On comprend mieux la ruée des Trésors nationaux pour remplir leurs programmes de financement 2022, tant que les conditions d’emprunt restent très favorables.
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