Les paris sont ouverts sur les secteurs gagnants des élections américaines
A l’heure du dernier débat Trump/Biden, les analystes cherchent quels secteurs sortiront vainqueurs de l'élection. Si Joe Biden a gagné l’investiture démocrate en se positionnant plus à gauche, les marchés se sont depuis convaincus de la nécessité de dépenses budgétaires importantes pour la relance, «donc pour les anticipations de taux longs et d’indices boursiers. Comme si les destins de l’économie et des marchés financiers étaient intimement liés», note Hervé Goulletquer, stratégiste de LBPAM, qui note pourtant des divergences de vue. «Pour les républicains, la Bourse reste un baromètre fiable de l’économie. Les démocrates expriment leur scepticisme vis-à-vis d’une situation qui mêle indices actions au plus haut, chute de l’activité et niveau de chômage très élevé. Les faits stylisés par l’analyse économique leur donneraient plutôt raison», poursuit-il, en citant une étude du Bureau national de la Recherche économique (NBER) démontrant que les entreprises cotées contribuent moins à l’emploi que dans les années 70 du fait du basculement du secteur manufacturier vers les services.
Les technologies, Gafam en tête, dépassent les 30% de la capitalisation boursière américaine, mais seulement 16% de l’emploi des entreprises cotées (moins de 5% de l’emploi total). Or la première préoccupation d’une éventuelle prochaine administration Biden sera de faire progresser l’emploi et le pouvoir d’achat. Alors que la procédure antitrust enclenchée par le département de la Justice contre Google a trouvé des soutiens des deux côtés politiques, les risques d’un démantèlement du secteur tech américain restent mesurés : «Les démocrates ont affiché une certaine sympathie pour les grandes sociétés technologiques, et Joe Biden n’a pas tenu une position claire sachant que son camp est partagé sur le sujet», analyse Gilles Moëc, chef économiste d’Axa IM.
En cas de victoire démocrate, les hausses d’impôts sur les sociétés (IS) ou de salaire minimum seraient susceptibles de toucher tous les secteurs, notamment les services, mais probablement plus tardivement dans le mandat pour ne pas freiner la croissance. Celle-ci tirerait d’abord vers le haut la consommation, même discrétionnaire explique State Street. Les utilities bénéficieraient du plan Biden pour l’investissement durable (2.000 milliards de dollars sur 15 ans), mais l’adoption d’une taxe carbone coûterait cher au secteur du pétrole. La santé semble protégée par la crise sanitaire. Pour les banques, l’amélioration des taux pourrait peser plus que le durcissement de la régulation.
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février. -
Avec un détroit d'Ormuz atrophié, les Vingt-Sept sous la menace d’une impasse énergétique
Ormuz constitue un goulet d’étranglement mondial. Un péage obligatoire imposé unilatéralement redéfinirait les flux commerciaux internationaux. Une taxe affecterait l'économie mondiale via un choc inflationniste. L'Union européenne et les Etats-Unis subiraient des effets asymétriques, relèvent William Thay, président du think tank Le Millénaire, et Antranig Kevorkian, analyste.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
Contenu de nos partenaires
-
En équilibreLutte contre l'antisémitisme : Aurore Bergé peaufine la nouvelle version de sa loi
Après le retrait d’une première proposition de loi jugée trop clivante, l’exécutif tente de bâtir un cadre plus consensuel. Un mois après les consultations de tous les groupes parlementaires, le texte est en route pour le Conseil d'Etat -
C'est openLe français H Company rejoint la coalition Nemotron de Nvidia
Cette alliance open source à durée indéterminée permettra notamment à H Company de bénéficier de la puissance de calcul du géant américain -
L'Union européenne prête à reprendre les négociations d'adhésion avec l'Ukraine
Mercredi 3 juin, Bruxelles a ouvert la voie à la reprise formelle des négociations d'adhésion avec l'Ukraine. Celles-ci étaient bloquées jusqu'à présent par la Hongrie