Les obligations indexées sur l’inflation ont renchéri le coût de la dette française en 2021
L’inflation élevée provoque un regain d’intérêt pour les obligations indexées. Face à ce retour des investisseurs, l’Agence France Trésor (AFT) veut y consacrer 10% de son programme d’émission pour 2022. «Après deux années plus faibles en 2019 et 2020, nous avons eu un retour de la demande en 2021, année au cours de laquelle nous avons augmenté nos émissions à 9,1% du programme», a indiqué Cyril Rousseau, directeur général de l’AFT. En 2020, ces titres avaient représenté 7,7%.
L’intérêt pour ces valeurs est très lié aux anticipations d’inflation des investisseurs qui ont grimpé en 2021 à un plus haut depuis 8 ans. L’AFT a émis 23,7 milliards d’euros d’obligations indexées sur l’inflation française (OATi) et européenne (OAT€i) en 2021 contre 20,1 milliards en 2020. Elle devrait en placer environ 26 milliards en 2022.
L’AFT envisage notamment de créer un nouveau titre de référence à 30 ans d’OAT€i par syndication. L’objectif est de répondre à la demande de certains investisseurs, comme les fonds de pension, d’aller plus loin sur la courbe des taux. Par ailleurs, l’agence va plancher sur un projet d’émission d’OATi verte avec une maturité de 10 à 15 ans. Si elle parvient à surmonter les problématiques multiples de structuration de ce type d’opération et identifie une demande suffisante pour lancer un produit liquide, la France sera le premier pays à émettre un titre de référence vert indexé sur l’inflation.
Mais avec la hausse de l’inflation se pose la question du coût pour le Trésor français de ces obligations. L’augmentation du taux implicite de la dette française en 2021 à 1,35% (contre 1,28% en 2020) est en effet due à la charge d’indexation. «Le coût est de l’ordre de 2 milliards d’euros pour une variation de 1% de l’inflation», indique Cyril Rousseau. Cela signifie qu’en 2021, compte tenu de l’augmentation de 2 points de l’inflation, le coût serait de l’ordre de 4 milliards. «L’effet de l’indexation est toutefois volatil», nuance ce dernier. L’an dernier, l’indexation s’est traduite par une économie de 800 millions d’euros. Par ailleurs, le directeur général de l’AFT souligne le caractère contracyclique de ces obligations, avec une indexation qui ralentit, voire baisse comme en 2020, quand les finances publiques subissent le ralentissement de l’économie, et accélère au contraire en période de reprise. Par ailleurs, la hausse de la demande lorsque l’inflation augmente se traduit par des prix élevés, qui compensent en partie le coût induit par l’indexation.
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