Les nouvelles règles menacent la rentabilité des banques d’investissement
Les banques d’investissement doivent réviser leur modèle. Selon le cabinet de conseil McKinsey, les nouvelles normes de Bâle et autres règles sur la liquidité, le financement ou encore la compensation de dérivés vont faire plonger leur rentabilité. Le rendement du capital (RoE) des 13 principales banques d’investissement dans le monde va passer de 20% à fin 2010 à 7% une fois ces règles adoptées, à moins qu’elles ne mettent en place des mesures pour absorber le choc.
«Pour les 13 principales banques d’investissement, cette chute de 65% du RoE est la conséquence de la baisse des bénéfices après impôts de quelque 40 milliards de dollars à 30 milliards (-25%) et de la hausse des exigences de capital tier 1 de 200 milliards de dollars à plus de 400 milliards», explique le cabinet.
Ces règles affecteront en premier lieu les activités de taux et de crédits structurés, qui verront leur RoE chuter respectivement de 80% et 85%, principalement en raison de l’encadrement renforcé des risques de marchés déjà adopté (Bâle 2.5) et des contreparties de crédits (Bâle 3). «Dans certains cas, il est envisageable que certaines de ces activités ne continuent pas sous leur forme actuelle», prévient McKinsey. Les activités de change, de marchés actions et de services aux hedge funds seront un peu moins affectées, leur RoE étant presque divisé par deux.
McKinsey précise toutefois que si les banques adoptent des mesures pour atténuer ces effets, leur RoE pourrait remonter à 11% ou 12% et même jusqu’à une fourchette de 12% à 14% après modification de leurs modèles économique et de tarification. «Dans certaines activités, la hausse des coûts liés à la réglementation pourrait être reportée sur les clients», précise-t-il.
Le cabinet recommande notamment à ces banques d’optimiser leurs portefeuilles, via l’amélioration des couvertures, la cession de portefeuilles gourmands en fonds propres et le débouclage de certaines positions. Les banques devront également se concentrer sur leur efficacité financière et opérationnelle. Sur ce dernier point, McKinsey évoque des suppressions de postes, à l’image de ce qu’ont annoncé de nombreuses banques ces dernières semaines, et promeut un recours accru au trading électronique.
Mais même après ces mesures, «certaines activités les plus touchées avec un RoE en deçà du coût du capital pourraient devoir être cédées, en particulier dans les établissements avec des fonds de commerce faibles», indique McKinsey.
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