Les montants levés par les FIP et FCPI font du surplace

En 2010, ces fonds de défiscalisation ont enregistré une collecte de 894 millions d’euros, contre 898 millions et 1,1 milliard en 2009 et 2008
Virginie Deneuville

Les montants collectés par les FIP (fonds d’investissement de proximité) et les FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) ne progressent pas. Sur l’année 2010, ces fonds de défiscalisation ont levé 894 millions d’euros, contre 898 millions d’euros en 2009 et 1,1 milliard d’euros en 2008, selon une étude réalisée par l’Afic (Association française des investisseurs en capital) et l’AFG (Association française de la gestion financière).

Alors que 835 millions d’euros ont été levés par des fonds créés l’an passé, 124.000 épargnants ont souscrit à l’un des 48 FIP et/ou FCPI créés en 2010, relève l’étude. «Malgré la légère augmentation du montant moyen des souscriptions (6.700 euros contre 6.650 en 2009), ces montants restent en deçà des niveaux» des années précédentes, l’année 2008 ayant marqué un pic, soulignent l’Afic et l’AFG.

Ce recul global de la collecte est imputable à l’évolution des fonds ISF (impôt de solidarité sur la fortune), qui ont enregistré une collecte de 259 millions d’euros en 2010, contre 322 millions d’euros en 2009. Les fonds ISF ont subi la concurrence des investissements directs et des holdings, qui bénéficiaient d’une réduction d’ISF de 75%.

Adoptée le 15 décembre 2010, la loi de Finances pour 2011, qui a reconduit le dispositif FIP-FCPI, a toutefois aligné cette réduction de 75% sur celle des FIP et des FCPI, de 50%. La collecte des fonds IR (liés à l’imposition sur le revenu) s’est révélée stable, à 576 millions d’euros.

«Au titre de la collecte réalisée au cours de l’année 2010, c’est au moins 536 millions d’euros (60% des capitaux levés, soit le seuil minimum réglementaire) qui devraient être investis dans des PME et entreprises innovantes au cours des prochains trimestres (578 millions d’euros en 2009)», souligne l’étude.

Afin d’endiguer la baisse des collectes auprès des particuliers et au moment où le nouvel environnement réglementaire (Solvabilité 2, Bâle 3) risque de dissuader les investisseurs institutionnels de soutenir le capital investissement, il est désormais nécessaire «de garantir un environnement fiscal incitatif stable et pérenne à ces fonds indispensables au financement des PME régionales et des entreprises innovantes», ont déclaré par voie de communiqué Paul-Henri de La Porte du Theil et Hervé Schricke, présidents respectifs de l’AFG et de l’Afic.

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