«Les monnaies digitales de banques centrales révolutionneraient le système de paiement»
Bruno Biais, professeur d’économie à HEC, revient sur les portées de ces projets sur la supervision et l'économie.
Publié le
Fabrice Anselmi
Bruno Biais, professeur d’économie à HEC, livre à L’Agefi son analyse sur les MDBC.
-
DR.
L’Agefi : Comment interpréter les réflexions autour des monnaies digitales de banques centrales (MDBC) ?
Bruno Biais : Même digitales, ces monnaies seront contrôlées par les banques centrales. En cela, elles diffèrent radicalement des «cryptomonnaies» ou projets de type Libra. A quoi pourraient-elles servir ? Dans un monde où les cartes de paiement remplacent pièces et billets (émis par la banque centrale), elles seraient un moyen de redonner aux particuliers accès à la monnaie de banque centrale. Concrètement, les particuliers auraient un compte, en MDBC, à la banque centrale. D’un point de vue opérationnel, ces comptes pourraient être gérés par les banques commerciales, mais ne figureraient pas sur le bilan de ces banques. Cette ségrégation des comptes impliquerait que les dépôts en MDBC ne soient pas affectés par un défaut de la banque commerciale : le problème «too big to fail» ne se poserait plus, ce qui réduirait les problèmes d’aléa moral dans le secteur bancaire et la nécessité de réguler les banques, mais les dépôts collectés par les banques seraient aussi réduits.
Cela ne remettrait-il pas en cause leur financement ?
Les banques continueraient à proposer des crédits, mais les financeraient autrement, par des émissions de titres plutôt que par les dépôts. Leur contribution à la création monétaire serait moins grande. Leur rôle dans le système de paiement serait également réduit. Cette évolution devrait être progressive et accompagnée, sinon cela risquerait de fragiliser les banques.
A moins de créer des MDBC à l’usage unique des intermédiaires financiers ?
L’introduction d’une MBDC à l’usage unique des intermédiaires, gérée dans une «blockchain privée», n’induirait pas de changement économique significatif. Seule la création de MDBC à destination des particuliers aurait des effets majeurs. Du point de vue macroéconomique, les moyens de la politique monétaire seraient en effet modifiés : la banque centrale pourrait servir un taux d’intérêt négatif sur les comptes de dépôts des particuliers ; elle pourrait aussi distribuer de la monnaie hélicoptère, c’est-à-dire créditer les comptes de dépôts des particuliers pour stimuler la demande.
Du point de vue opérationnel, de nouveaux risques apparaîtraient, qui pourraient devenir systémiques. Ce serait par exemple le cas si la ségrégation entre dépôts bancaires et dépôts en MDBC n’était pas rigoureusement appliquée. Pour éviter ces risques, il faudrait mettre en place un nouveau type de contrôle prudentiel.
Les indicateurs d'inflation dits «robustes» filtrent les variations extrêmes mais peuvent ne prendre en compte que la moitié du panier de consommation. Ces mesures ont historiquement retardé la détection des phases d’accélération inflationniste.
Le compte rendu de la réunion du comité monétaire d’avril de la Banque du Japon montre que certains de ses membres sont favorables à une hausse des taux dès la prochaine réunion des 15 et 16 juin.
EPI propose des services additionnels dans l'application Wero pour accélérer son adoption. La Banque Postale est pour l'instant la seule banque à proposer l'application Wero. La Société Générale et BNP Paribas vont suivre.
Au total, les cas contacts français se composent de quatre passagers du MV Hondius et de 22 cas contacts de la passagère néerlandaise du paquebot, décédée. Reste une Française de plus de 65 ans, positive au virus, qui est toujours en réanimation
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin
Entrée en service fin 2023, l'« Autoroute de l’eau » permet de réorienter une partie de la ressource du Nord du pays vers le bassin hydraulique de Rabat et Casablanca. Un chantier colossal qui a nécessité 5,9 milliards de dirhams, soit 540 millions d'euros, et 7 millions d’heures de travail