Les membres de la Fed arrivent divisés à leur prochaine réunion
Si le marché table sur un nouveau statu quo mercredi prochain, les voix se sont faites dissonantes sur la nécessité de relever les taux avant la fin d’année.
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Patrick Aussannaire
La prochaine hausse des taux de la Fed est loin d’aller de soi. C’est en tous cas ce que suggèrent les discours très prudents de Lael Brainard, membre du Board, du président de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari, et de celui de la Fed d’Atlanta Denis Lockhart, avant la période de silence imposée qui précède la réunion du FOMC du 21 septembre. Mais cette volonté de ne pas précipiter la hausse des taux Fed funds avant le complet rétablissement du marché du travail et le retour des pressions sur les prix, exprimée par certains membres du FOMC, est loin d'être unanime. La semaine dernière, trois d’entre eux se sont montrés au contraire favorables à au moins une hausse de taux d’ici la fin d’année, après le souhait de Janet Yellen exprimé fin août à Jackson Hole de relever les taux pour faire face à la prochaine récession.
«Après ces différentes interventions de banquiers centraux depuis la fin du mois d’août, les débats s’annoncent vifs lors de la réunion du FOMC la semaine prochaine et l'élaboration d’un consensus sur le niveau des taux directeurs en fin d’année est très incertaine», estime Aurel BGC. Le marché des Fed funds estime à seulement 20% la probabilité d’une hausse des taux dès la réunion de la semaine prochaine. Dans le même temps, il accorde une probabilité de 44% à une hausse de 25 pb au plus tard à la dernière réunion de l’année du FOMC le 14 décembre, alors qu’elle était tombée sous les 10% au mois de juillet. La probabilité de voir la Fed procéder à deux hausses d’ici la fin de l’année, limitée à 11%, ne grimpe qu’à 25% d’ici fin 2017.
Les marchés ont réagi aux discours accommodants cette semaine avec un léger recul du dollar, désormais inférieur de 7% à son plus haut niveau de l’année et plus faible qu’avant la hausse de taux de décembre 2015. «C’est le rythme de resserrement qui est déterminant pour l’évolution du dollar et une hausse de taux tous les 9 mois a peu de chance de la propulser nettement plus haut», estime Bank of Tokyo MUFJ. Lael Brainard a d’ailleurs mis l’accent sur l’importance prise par le taux de change du billet vert dans les décisions de la Fed. Les positions restent majoritairement vendeuses sur le dollar, et se sont même renforcées depuis le début de la semaine à un niveau de -16 mesuré par l’indice de tendance BNP Paribas, proche de son plus bas depuis plusieurs années atteint au cours du mois d’août.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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