Les Bourses s’offrent un peu de répit après trois séances de baisse
Le calme au milieu de la tempête. C’est le sentiment qui prédomine sur les marchés en ce 8 avril. Après le plongeon des derniers jours, qui a fait perdre plus de 10% à la plupart des Bourses mondiales, les actions ont repris des couleurs mardi. Seule exception - et de taille -, les bourses américaines ont terminé dans le rouge, le S&P 500 et le Nasdaq clôturant respectivement en perte de 1,57% et 2,15%.
En Asie, la hausse a été tirée par le net rebond de l’indice japonais Nikkei qui a clôturé en hausse de 6%. Il a profité de propos plutôt encourageants de la part de l’administration américaine. Après un appel entre le premier ministre japonais et le président Donald Trump, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent a indiqué qu’il s’attendait «à ce que le Japon soit prioritaire parmi les partenaires commerciaux pour avoir réagi très rapidement».
Sur les marchés chinois, qui ont sévèrement baissé lundi, la reprise était plus mesurée. L’indice de Shenzhen a gagné 0,6% et le Shanghai Composite 1,6%. Les relations commerciales sino-américaines ne semblent en effet pas sur le chemin de l’apaisement. En réponse aux droits de douane réciproques de 34% annoncés par la Chine vendredi, Donald Trump a menacé d’ajouter une taxe de 50%, ce qui porterait les barrières tarifaires globales des Etats-Unis vis-à-vis de l’empire du Milieu à plus de 100%. En réaction, Pékin s’est dit prêt «à se battre jusqu’à la fin».
Le marché chinois a toutefois pu bénéficier de l’appui d’importantes institutions financières locales. La banque centrale du pays a notamment indiqué qu’elle approuvait l’initiative du fonds souverain chinois Central Huijin Investment d’acquérir des fonds indiciels cotés (ETF) pour soutenir les actions. Elle pourrait en outre aller jusqu'à lui fournir des prêts «si nécessaire» et indique qu’elle veillera «résolument à garantir le fonctionnement stable du marché des capitaux».
En Europe, les Bourses se sont également reprises mardi. L’Euro Stoxx 50 a clôturé en hausse de 2,9%. Le CAC 40 et le Dax ont gagné 2,5%. Ils perdent encore près de 10% depuis le 2 avril.
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Sensibilité extrême
Même si Donald Trump a rejeté la proposition européenne d’exemption réciproque de droits de douane sur tous les produits industriels, certains discours du président ou d’autres responsables américains laissent espérer une possible désescalade. Interrogé sur le caractère négociable, ou non, des droits de douane annoncés, l’homme fort de la Maison-Blanche a répondu : «Il peut y avoir des tarifs permanents et il peut aussi y avoir des négociations parce qu’il y a des choses dont nous avons besoin au-delà des tarifs». Plusieurs pays, tels le Vietnam, l’Indonésie, la Corée du Sud ou Taïwan, ont ainsi fait part de leur volonté de négocier avec les Etats-Unis ces dernières heures.
Les responsables de l’administration ont toutefois adopté des positions très différentes sur cette question, indique Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank, rappelant que le conseiller Peter Navarro a écrit dans une tribune au Financial Times qu’il ne s’agissait «pas d’une négociation» tandis que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a estimé que tout était «sur la table».
Signe de l’extrême sensibilité des investisseurs à ces sujets, les principaux indices boursiers américains ont furtivement rebondi lors de la séance du 7 avril, gagnant jusqu’à 5% alors qu’ils étaient dans le rouge vif quelques minutes plus tôt, avant de retomber en territoire négatif. Ce sursaut a suivi une information «selon laquelle Kevin Hassett, le directeur du Conseil économique national, aurait déclaré que le président Trump envisagerait une pause de 90 jours sur les tarifs douaniers pour tous les pays sauf la Chine», indique Jim Reid. La fiabilité de cette information est cependant apparue comme assez faible. De la même manière, mardi 8, plus de 6 points de pourcentage séparent le plus haut et le plus bas de la séance qui avait commencé dans le vert, avant de se replier.
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