Les marchés restent sceptiques sur les perspectives de hausse des taux de la Fed
La deuxième hausse des taux de la Fed semble s’éloigner encore davantage. La déception sur les créations d’emplois aux Etats-Unis le mois dernier avec des révisions à la baisse des chiffres sur les 2 mois précédents, ainsi que sur la stabilité du taux de chômage à un niveau de 5% malgré une rechute de 0,2 point du taux de participation, devraient en effet inciter la Fed à la prudence. Si le rythme de hausse du salaire horaire a accéléré de 0,2 point à 2,5% sur un an, il est ressorti en ligne avec les attentes du consensus et reste inférieur aux 3% considérés par l’autorité comme le seuil de déclenchement de tensions inflationnistes dans le pays. Le rythme de hausse de l’indice du coût du travail privilégié par la Fed a en outre ralenti à 1,9% au premier trimestre, comme l’indice d’inflation sous-jacente PCE à 1,6%.
«Si nous restons confiants sur les perspectives économiques, ce rapport rendra certainement difficile toute justification d’une hausse des taux entre deux réunions. La volatilité qui devrait résulter du vote sur le Brexit au mois de juin devrait inciter la Fed à attendre sa réunion de juillet, qui interviendra en outre juste après la publication des chiffres du PIB au deuxième trimestre, pour relever ses taux», estime Natixis. Les marchés de taux ont peu réagi vendredi, les contrats Fed funds accordant une probabilité de hausse des taux à la réunion du FOMC du 15 juin de seulement 2%, alors qu’elle était montée à un niveau de 42,3% mi-mars. Les marchés restent en outre très partagés sur l’éventualité de voir les taux directeurs relevés d’ici à la fin de l’année, et n’accordent pas plus que 10% de probabilité à deux hausses de taux cette année.
Sur le marché des changes, le dollar s’est offert un léger rebond de 1% au cours de la semaine dernière face aux 6 autres principales devises de l’indice DXY. Il reste en retrait de 6,5% depuis le pic atteint fin novembre dernier, pour tomber à son plus faible niveau depuis le mois de janvier 2015. «Une grande partie de la baisse nécessaire du dollar pour corriger le durcissement des conditions financières étant réalisée, il devrait désormais fluctuer davantage au gré des publications économiques. Des signes d’un rebond de l’activité au deuxième trimestre sont donc la pièce manquante pour voir le dollar retracer une partie de sa baisse récente, légèrement excessive», estime ING. Après le trou d’air du premier trimestre, le consensus anticipe un rebond de la croissance du PIB américain de 2% sur l’ensemble de l’année.
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Londres - Plusieurs partis d’opposition ont appelé jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer à démissionner, après de nouvelles informations sur la nomination de l’ex-ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Le journal The Guardian a révélé jeudi que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Des responsables du Foreign Office ont décidé d’aller «contre la recommandation» de ce service, a confirmé jeudi un porte-parole de Keir Starmer, qui a affirmé que ni le Premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement «n'étaient au courant» de ces éléments «avant le début de la semaine». Le Foreign Office a dit jeudi par la voix d’un porte-parole «travailler en urgence» à apporter des réponses sur l’octroi de cette habilitation. Début février, Keir Starmer avait déclaré à la presse qu’un «contrôle mené de manière indépendante par les services de sécurité» avait permis à Peter Mandelson d’obtenir «l’habilitation nécessaire pour occuper ce poste». Le cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé jeudi sur X que «Starmer a trahi la sécurité nationale» et doit donc «démissionner». Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a lui affirmé que «si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir». Le Premier ministre, qui a limogé Peter Mandelson en septembre 2025, a accusé l’ex-ambassadeur d’avoir «menti de manière répétée» à Downing Street sur l'étendue de ses liens avec le criminel sexuel. Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement britannique, cible de critiques depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie britannique cet ami du financier américain décédé en prison en 2019. Le porte-parole de Keir Starmer a réaffirmé jeudi la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d’apprendre que M. Starmer avait été averti du «risque réputationnel» posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010. © Agence France-Presse