Les marchés restent sceptiques sur les perspectives de hausse des taux de la Fed
L’emploi américain a déçu et n’a fait que confirmer leur scénario d’une hausse de taux toujours incertaine.
Publié le
Patrick Aussannaire
La Fed devrait attendre au moins le mois de juillet pour relever ses taux.
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La deuxième hausse des taux de la Fed semble s’éloigner encore davantage. La déception sur les créations d’emplois aux Etats-Unis le mois dernier avec des révisions à la baisse des chiffres sur les 2 mois précédents, ainsi que sur la stabilité du taux de chômage à un niveau de 5% malgré une rechute de 0,2 point du taux de participation, devraient en effet inciter la Fed à la prudence. Si le rythme de hausse du salaire horaire a accéléré de 0,2 point à 2,5% sur un an, il est ressorti en ligne avec les attentes du consensus et reste inférieur aux 3% considérés par l’autorité comme le seuil de déclenchement de tensions inflationnistes dans le pays. Le rythme de hausse de l’indice du coût du travail privilégié par la Fed a en outre ralenti à 1,9% au premier trimestre, comme l’indice d’inflation sous-jacente PCE à 1,6%.
«Si nous restons confiants sur les perspectives économiques, ce rapport rendra certainement difficile toute justification d’une hausse des taux entre deux réunions. La volatilité qui devrait résulter du vote sur le Brexit au mois de juin devrait inciter la Fed à attendre sa réunion de juillet, qui interviendra en outre juste après la publication des chiffres du PIB au deuxième trimestre, pour relever ses taux», estime Natixis. Les marchés de taux ont peu réagi vendredi, les contrats Fed funds accordant une probabilité de hausse des taux à la réunion du FOMC du 15 juin de seulement 2%, alors qu’elle était montée à un niveau de 42,3% mi-mars. Les marchés restent en outre très partagés sur l’éventualité de voir les taux directeurs relevés d’ici à la fin de l’année, et n’accordent pas plus que 10% de probabilité à deux hausses de taux cette année.
Sur le marché des changes, le dollar s’est offert un léger rebond de 1% au cours de la semaine dernière face aux 6 autres principales devises de l’indice DXY. Il reste en retrait de 6,5% depuis le pic atteint fin novembre dernier, pour tomber à son plus faible niveau depuis le mois de janvier 2015. «Une grande partie de la baisse nécessaire du dollar pour corriger le durcissement des conditions financières étant réalisée, il devrait désormais fluctuer davantage au gré des publications économiques. Des signes d’un rebond de l’activité au deuxième trimestre sont donc la pièce manquante pour voir le dollar retracer une partie de sa baisse récente, légèrement excessive», estime ING. Après le trou d’air du premier trimestre, le consensus anticipe un rebond de la croissance du PIB américain de 2% sur l’ensemble de l’année.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Portée par la flambée des cours de l’énergie, la hausse des prix est à son plus haut niveau depuis trois ans aux Etats-Unis. Les dépenses de consommation PCE et le PIB restent également en croissance, mais pas les revenus des ménages Américains. Ce qui oriente plutôt la Fed vers un statut quo monétaire.
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