Ces pays restent durement affectés par la pandémie de Covid-19, pénalisant leur reprise malgré la nette amélioration des conditions financières.
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Xavier Diaz
Un pays comme le Mexique a accusé au deuxième trimestre une chute de plus de 17% de son activité.
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Alejandro Linares Garcia [CC BY-SA 3.0]
Après une contraction historique au deuxième trimestre et malgré l’espoir d’une reprise au troisième trimestre, l’incertitude sur la trajectoire de l’économie reste élevée. Elle l’est encore plus pour les émergents que pour les pays développés. «Le Covid-19 n’a pas reflué dans la plupart des pays émergents les plus importants malgré les efforts des gouvernements, soulignent les économistes de S&P Global. Beaucoup ont resserré leurs mesures face au virus. Ce qui assombrit les perspectives de reprise.» Cela a été le cas au Chili, en Argentine ou en Afrique du Sud. La plupart des pays d’Amérique latine (Brésil, Mexique, Colombie…) ainsi que l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud sont parmi les plus touchés dans le monde par le coronavirus après les Etats-Unis et avant l’Europe.
«Des restrictions plus sévères signifient un début de troisième trimestre faible», relève S&P. Un coup dur alors qu’un pays comme le Mexique a accusé au deuxième trimestre une chute de plus de 17% de son activité. En juillet, les données de mobilité montrent en effet que l’activité est toujours 45% inférieure à ce qu’elle était avant le coronavirus. Mais le risque sur la reprise des émergents n’est pas uniquement lié à leur propre situation. Une seconde vague dans les pays développés serait aussi un coup dur. «La mise en place, à nouveau, de restrictions, pour empêcher une deuxième vague, pourrait affecter la demande mondiale et les prix des matières premières et ralentirait la reprise des pays émergents», selon S&P.
Abondance de liquidité en dollar
Cette deuxième vague pourrait aussi avoir un impact sur les conditions financières, qui se sont nettement améliorées depuis la chute du mois de mars. «Les marchés émergents sont dans une relativement bonne situation financière, avec des marchés actions et des devises qui se sont repris et des politiques de soutien», juge Tamara Basic Vasiljev, économiste chez Oxford Economics, qui explique cette amélioration par l’abondance de liquidité en dollar. Elle leur a donné la possibilité de se financer plus facilement sur les marchés internationaux de dette. Des politiques économiques plus prudentes ces dernières années leur ont aussi permis de répondre à cette situation exceptionnelle par un assouplissement monétaire et une relance budgétaire et la baisse du dollar a entraîné un rebond des devises.
Les comptes externes de la plupart des pays (à l’exception de la Turquie, qui a ouvert les vannes du crédit) se sont améliorés dans la période en raison de la baisse plus importante des importations par rapport aux exportations. Cela permet de réduire les besoins de financement externe, reconnaissent les économistes de l’Institute of International Finance (IIF), mais avec un coût élevé sur la croissance. Par ailleurs, si le compte courant subit des ajustements conjoncturels, ce n’est pas le cas de l’endettement externe, qui reste élevé pour certains pays rapporté à leurs réserves (Turquie, Afrique du Sud, Ukraine).
Une deuxième vague serait synonyme d’une nouvelle détérioration de la situation, d’autant que certains pays, et pas seulement le Brésil, la Russie, la Turquie, l’Argentine, l’Afrique du Sud ou le Mexique, qui ont été durement touchés économiquement lors de la première vague, pourraient avoir du mal à résister à une reprise marquée de la pandémie, selon Oxford Economics.
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