Les marchés attendent que Jerome Powell donne le ton de son mandat
Une nouvelle hausse des taux de la Fed semble acquise mercredi, et la probabilité d’un passage à un rythme de quatre hausses cette année a fortement progressé.
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Patrick Aussannaire
Jerome Powell, le nouveau président de la Fed, prononcera son premier discours officiel mercredi
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Photo Fed.
Jerome Powell devrait entamer son mandat à la tête de la Fed par une hausse des taux. C’est en tout cas ce que prévoient, tant les marchés, avec une probabilité de 83%, que le consensus pour la réunion du FOMC qui se tiendra demain et mercredi. Mais au-delà de ce nouveau resserrement qui porterait les taux Fed funds entre 1,5% et 1,75%, ce sont surtout les signes d’une éventuelle accélération du rythme des hausses de la part du nouveau président de l’autorité qui devraient retenir l’attention. Pour le moment, le FOMC prévoit trois relèvements en 2018. Ce scénario est aussi privilégié par les marchés à un niveau de 36%, même s’ils accordent une probabilité similaire de 24% aux scénarios alternatifs de deux ou de quatre hausses.
Un nombre croissant d’économistes anticipe le passage à quatre hausses cette année dans les projections du FOMC que l’influent président de la Fed de New York William Dudley avait d’ailleurs considéré début mars comme étant toujours progressif car inférieur de moitié à celui mené avant la crise financière. «Les baisses d’impôts et les mesures de relance budgétaire adoptées depuis la réunion de décembre devraient permettre à la Fed de réviser ses projections de croissance à la hausse de 0,5 et 0,3 point en 2018 et 2019 à 3% et 2,4%, avec une inflation sous-jacente stable à 2% et de relever son taux final à 3%», estime BNP Paribas. Lael Brainard, l’un des membres les plus colombes du FOMC, a ainsi estimé que les mesures fiscales votées devraient ajouter 0,5 point à la croissance américaine d’ici fin 2019.
La forte hausse récente des émissions de T-bills à court terme destinée à financer ces mesures qui se traduira par une dégradation du déficit public, estimé à plus de 5% fin 2019, a déjà commencé à peser sur la partie courte de la courbe américaine. Outre les tensions sur les taux Libor, avec une hausse du spread contre OIS 3 mois à 48 pb, le rendement 2 ans s’est aussi tendu de 26 pb depuis début février, à 2,28%, sans modification des anticipations de taux Fed funds, soit un impact estimé par SG CIB à 7 pb sur le 2 ans. Ces tensions ont conduit à un nouvel aplatissement de courbe, avec un spread sur les taux de swap à 2 et 10 ans, qui est tombé à un plus bas depuis juin 2007 de 27 pb. En outre, une forte réaction des rendements au premier discours officiel de Jerome Powell mercredi n’est pas à exclure.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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