Les levées de fonds touchent un plus bas depuis cinq ans
Les dernières nouvelles ne sont guère encourageantes sur le front des collectes en capital-investissement. Selon Private Equity Intelligence (Preqin), le montant des levées de fonds au troisième trimestre s’est effondré : il atteint 38 milliards de dollars, soit un recul de 45 % par rapport au trimestre précédent et une atrophie de 68 % sur un an. Il faut remonter au quatrième trimestre 2003 pour retrouver un chiffre similaire (37 milliards). A titre de comparaison, cela représente 18 % du record historique atteint au deuxième trimestre 2007 (208 milliards).
Alors que le marché des opérations donne des signes de reprise après un coup d’arrêt net dès le début de la crise de liquidités – quelques opérations d’un montant significatif, comme l’acquisition par Blackstone des parcs de loisirs d’InBev pour 2,7 milliards de dollars, des projets de sorties en Bourse comme ceux de BC Partners et de KKR – c’est donc au tour des investisseurs de faire grise mine. Le private equity attire moins.
La chute de l’activité de collecte s’explique de deux manières : moins de véhicules mis sur le marché et un nombre croissant d’abandons ou de suspensions. Sur ce dernier point, les données de Preqin montrent que 90 fonds en ont fait les frais depuis le début de l’année, contre 30 pour toute l’année 2008 et 14 en 2007. En outre, les phases de collecte sont beaucoup plus longues : elles atteignent une moyenne de 18,3 mois cette année, contre 15 en 2008 et un an en 2007.
Il faut d’une part y voir le reflet des demandes pressantes, parfois conflictuelles, des investisseurs, pour réduire leurs engagements dans les fonds déjà actifs, comme le montrent des exemples récents tels PAI. En outre, les fonds de capital-investissement sont des victimes indirectes de l’effet dénominateur qui touche les investisseurs (surpondération de leur allocation en private equity en raison de la chute des marchés d’actions), même si ce dernier joue de moins en moins avec la remontée des Bourses.
«La question consiste à savoir si ce sentiment indique un retrait à long terme vis-à-vis du capital-investissement ou s’il ne représente une rupture à court terme», explique Tim Friedman chez Preqin. Qui conserve des motifs d’espoir : 54 % des institutionnels interrogés déclarent qu’ils investiront probablement dans des fonds d’ici à la fin de l’année et 25 % en 2010.
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