Les levées de FIP et FCPI peinent à rebondir
Une hausse en trompe-l’œil. C’est le bilan de la collecte 2013 des FCPI (fonds communs de placement dans l’innovation) et FIP (fonds d’investissement de proximité), dressé mercredi par l’AFG et l’Afic, associations représentatives de la gestion française. Les levées de capitaux de ces véhicules de capital-risque et de capital-développement réservés aux particuliers ont augmenté de 9% en un an, à 683 millions d’euros. Elles restent toutefois en deçà des niveaux observés jusqu’en 2011 et en retrait de 40% par rapport au pic de 2008, avant la crise financière.
Les FIP et les FCPI ont connu des dynamiques assez voisines, avec une hausse respective des encours levés de 10% et 8%, et ils se partagent le gâteau avec 375 millions et 308 millions collectés. Les souscripteurs ont toutefois adopté des stratégies différentes en fonction des avantages fiscaux. Les fonds offrant une réduction de l’impôt sur la fortune (ISF) ont vu leurs flux progresser de 24% l’an dernier, tandis que la collecte centrée sur l’impôt sur le revenu (IR) a reculé de 2%, accusant ainsi sa troisième année de repli. La réduction d’IR a été «ramenée à 18% en 2012, après avoir déjà été rabotée de 25% à 22% en 2011», rappellent l’Afic et l’AFG, et «les nouvelles mesures fiscales appliquées en 2013 ont de surcroît intégré cette réduction d’impôt dans le plafond global de 10.000 euros attribué par foyer fiscal».
La réforme concoctée par le gouvernement dans le dernier projet de loi de Finances rectificative a déçu les professionnels qui voulaient faire sauter ce plafond de 10.000 euros et prônaient une simplification du dispositif ISF. En contrepartie de quotas d’investissement plus stricts, les périodes d’investissement des FIP et FCPI ont tout de même été allongées de 24 à 30 mois et les délais de souscription de 8 à 14 mois, pour éviter la multiplication de petits fonds.
S’il est trop tôt pour apprécier l’impact de ces mesures sur la campagne 2014, la taille des véhicules a progressé de façon significative l’an dernier : de plus de 50% pour les FIP, à 11,7 millions d’euros en moyenne, et de 45% pour les FCPI, à 10,6 millions.
En parallèle, les 34 sociétés de gestion ayant participé à l’enquête ont créé seulement 61 nouveaux produits, contre 83 en 2012. La profession prône un «retour à une collecte du niveau de 2008», mais elle prépare aussi ses arrières. Pour diversifier leurs ressources, plusieurs acteurs ont levé récemment des fonds réservés aux investisseurs institutionnels (FCPR).
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