Les LBO de taille moyenne devraient dominer le marché au premier semestre

Le début d’année atteste d’un dynamisme dans les acquisitions à effet de levier, mais le segment des méga LBO n’est pas privilégié
Antoine Landrot

Le constat est évident lorsque l’on compare les opérations de capital-investissement – en particulier les acquisitions à effet de levier (leveraged buyout, LBO) – réalisées en Europe et celles qui sont effectuées aux Etats-Unis: si 2014 a déjà connu des LBO de plusieurs milliards de dollars outre-Atlantique, le marché du Vieux Continent a démarré l’année de manière plus calme.

Selon les statistiques communiquées par Private Equity Intelligence (Preqin) au 20 février, les Etats-Unis ont déjà été le théâtre de cinq des six plus grosses opérations à travers le monde (l’autre transaction ayant eu lieu à Singapour). Ces cinq opérations ont toutes dépassé le milliard d’euros: la plus importante, Ortho Clinical Diagnostics, a été réalisée par Carlyle pour 4,15 milliards de dollars (un peu plus de trois milliards d’euros), tandis que NewPage, la sixième, a été valorisée à 1,4 milliard de dollars (un milliard d’euros). A contrario, le premier LBO européen arrive en septième position et atteint tout juste le milliard d’euros.

Toutefois, les méga LBO ne devraient pas faire de retour en force en 2014. Difficile d’atteindre le niveau de domination du marché au cours des deux années précédant l’éclatement de la bulle financière à partir de la mi-2007. Car il semble bien que les investisseurs (ou LP, pour limited partners) qui confient leurs capitaux aux sociétés de gestion de private equity – peut-être échaudés par les excès passés – privilégient les opérations de taille moyenne, voire petite. Dans son «Outlook» pour le premier semestre 2014, Preqin a interrogé plus d’une centaine de LP à propos des stratégies qu’ils privilégiaient (sachant que plusieurs choix étaient possibles et que le total des votes excède 100%). Ceux-ci sont formels: ils plébiscitent les fonds de LBO small et mid-cap à 72%. Un score logique: ils sont 66% à estimer que c’est sur ce segment que les espérances de rendement sont les plus fortes.

Les opérations sur des sociétés en difficulté («distressed») attirent 30% des investisseurs et les fonds de fonds secondaires 28%. Le LBO de grande taille n’attire que 26% des LP sondés, tout juste devant le capital-risque (à 25%) et la dette mezzanine (23%). Seuls 15% des investisseurs estiment que les grands LBO sont pourvoyeurs des rendements les plus élevés.

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