Les investisseurs se ruent vers les emprunts d’Etat sans risque
La liquidation des actifs risqués provoque un plongeon des Bourses. Les taux allemands à 10 ans repassent en territoire négatif.
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La rédaction
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Sauve-qui-peut général sur les marchés. Les places boursières européennes ont accentué leur chute mardi, l’intensification des combats en Ukraine et l’impact économique à venir des sanctions visant Moscou continuant de plomber le sentiment de marché. La montée de l’aversion pour le risque s’est traduite par un impressionnant rallye obligataire. Symbole de ce mouvement, les rendements de la dette allemande à 10 ans sont repassés en territoire négatif pour la première fois depuis le 1er février, alors même que les chiffres d’inflation outre-Rhin pour février, attendus en recul, ont été publiés en hausse (+5,5% contre 5,1% en janvier).
Les resserrement des rendements des dettes d’Etat ont été spectaculaires sur la séance, oscillant entre 20 et 30 points de base pour les obligations souveraines en zone euro. Le taux allemand à 10 ans, qui avait grimpé à plus de 0,3% ces dernières semaines avec le changement de ton de la Banque centrale européenne, est tombé à -0,09%. Il chute de 22 points de base (pb), soit sa plus forte baisse sur une séance depuis 2016. Le rendement de l’OAT française de même maturité recule de 25 pb, à 0,35%, profitant de la ruée des investisseurs vers les actifs jugés sans risque.
Par un effet miroir, l’indice CAC 40 a abandonné 3,9%, passant sous les 6.400 points. L’Euro Stoxx 50 affiche un recul similaire et l’indice des banques européennes a chuté de 6,7%.
Plusieurs forces sont à l'œuvre. D’abord, larévision à la baisse des anticipations de hausse de taux des banques centrales. Plus personne ne s’attend, par exemple, à ce que la Réserve fédérale américaine signe un tour de vis d’un demi-point lors de sa réunion du 16 mars. En zone euro, les marchés ne voient plus qu’une hausse de taux de 25 points de base en fin d’année.
Les investisseurs craignent aussi les retombées économiques du conflit. Et notamment le risque d’une stagflation en Europe, due à la flambée des prix des matières premières et à son impact sur la croissance. Là encore, le message envoyé par les marchés obligataires est spectaculaire. Les points morts d’inflation (breakeven), une mesure des anticipations d’inflation déduite à partir du prix des obligations indexées sur les indices de prix, remontent en flèche : de 2% à 2,4% depuis le 1er février pour les breakeven à 2 ans sur le Bund. Aux Etats-Unis, le point mort à 2 ans a pris un point en un mois, à 4,2%.
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