Les actions chutent, le rendement du Bund repasse en négatif
Les places boursières européennes accentuent leur chute mardi, la poursuite des combats en Ukraine et l’impact économique à venir des sanctions visant Moscou continuant de plomber le sentiment de marché. Le fait du jour est la chute des rendements obligataires avec la révision à la baisse des anticipations de hausse de taux, malgré les chiffres d’inflation en Allemagne en février de nouveau en hausse (estimation de +5,5% contre 5,1% en janvier).
A Paris, l’indice CAC 40 a abandonné 3,9%, tout comme le SBF 120. L’Euro Stoxx 50 affiche un recul similaire. A Wall Street, le S&P 500 recule de 1,5% à la mi-séance.La Bourse de Moscou est toujours fermée. Le rouble s’échange à 100 pour un dollar.
Ruée sur les emprunts d’Etat
Mais le mouvement le plus marquant mardi est l’impressionnante chute des rendements obligataires. Celui du Bund allemand à 10 ans, qui avait grimpé à plus de 0,3% ces dernières semaines sur les craintes liées à l’inflation et au pivot de la Banque centrale européenne, est repassé en territoire négatif à -0,09% pour la première fois depuis le 1er février. Il chute de 22 points de base (pb), soit sa plus forte baisse sur une séance depuis 2016. Le rendement de l’OAT de même maturité recule de 25 pb, à 0,35%, profitant de la ruée des investisseurs vers les actifs sans risque.
Le marché ne croit plus guère à l’hypothèse d’un relèvement de 50 points de base du taux des Fed funds le 16 mars, date des prochaines décisions de la Réserve fédérale. La BCE ne devrait relever ses taux que de 25 points de base d’ici la fin de l’année, contre 30 points lundi et 40 avant l’invasion de l’Ukraine, au vu des positions sur les marchés monétaires.
Au sixième jour de l’opération d’invasion lancée par la Russie, une colonne de blindés russes s'étend mardi sur soixante kilomètres en direction de Kiev, la capitale ukrainienne, et les bombardements se sont intensifiés sur plusieurs grandes villes du pays. Malgré les lourdes sanctions internationales, Moscou entend poursuivre son «opération militaire» jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints, a déclaré le ministre de la Défense de Vladimir Poutine.
Au-delà de la situation sur le terrain, les investisseurs craignent les retombées économiques du conflit et des sanctions et notamment le risque d’une stagflation en Europe.
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