Les investisseurs savourent le rallye de fin d’année
Les investisseurs tiennent au rallye de fin d’année. Les marchés financiers ont débuté décembre comme ils ont terminé novembre : sur les chapeaux de roue. Les places boursières en Europe sont de nouveau dans le vert vendredi et les marchés de taux continuent de progresser, ajoutant aux bonnes performances déjà réalisées en novembre.
En dehors des matières premières, et particulièrement le pétrole, le mois dernier a été le meilleur cette année, toutes classes d’actifs confondues. «Cela a été un mois incroyablement solide dans tous les domaines, avec 33 des 38 actifs non monétaires de notre échantillon dans le vert», soulignent les stratégistes de Deutsche Bank (DB). Avec des indices boursiers proches de leur plus haut historiques à Wall Street, l’indice S&P 500 cassant une néfaste série de trois baisses mensuelles et réalisant son meilleur mois en 2023 (+9,1% en rendement total), mais aussi la plus forte hausse mensuelle du marché obligataire américain depuis mai 1985. L’indice Bloomberg US Aggregate Bond a progressé de 4,5%, aidé par la détente des taux, le rendement de l’emprunt d’Etat à dix ans américain étant passé de 4,93% à 4,33%, sa plus forte baisse mensuelle depuis juillet 2021.
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«Après plusieurs mois faibles pour les marchés, novembre a été marqué par un rebond majeur alors que les espoirs d’un atterrissage en douceur et d’un pivot accommodant des banques centrales se sont accélérés», explique DB. Ce qui a permis un net regain d’appétit pour le risque qui a bénéficié aux actions américaines et européennes, mais aussi aux marchés émergents (+8%), ainsi qu’aux marchés crédit qui ont effacé en novembre l’écartement des spreads subi depuis la fin août. Cela se reflète dans l’accentuation des flux vers les fonds actions : 2,25 milliards de dollars nets dans des fonds d’actions monde au cours de la semaine terminée le 29 novembre, selon les données du LSEG et 6,01 milliards de dollars dans les fonds d’actions européennes, soit la plus importante collecte nette hebdomadaire depuis le 1ᵉʳ février. Les fonds américains et asiatiques ont toutefois subi des sorties de capitaux de 3,31 milliards de dollars et 1,14 milliard de dollars, respectivement.
Perspective de baisse des taux
La perspective d’une prochaine baisse des taux des banques centrales s’est accentuée cette semaine après des déclarations du gouverneur de la Fed Christopher Waller, une des voix restrictive (hawkish) de la banque centrale américaine, qui a estimé que des baisses étaient possibles dans les prochains mois si l’inflation continue de reculer. Le gérant de hedge fund Bill Ackman (Pershing Square CM) a quant à lui estimé que la Fed allait devoir baisser rapidement ses taux pour éviter une importante récession. Sur les marchés monétaires, les investisseurs ont commencé à intégrer une forte probabilité de baisse dès le mois de mars, et à quatre reprises en 2024, d’autant que ces propos sont renforcés par la poursuite de la désinflation.
«C'était aussi le meilleur mois pour un portefeuille mondial de type 60/40 en actions et en obligations depuis les nouvelles positives sur les vaccins contre le covid en novembre 2020», relèvent enfin les stratégistes de DB. Mais pour beaucoup, le marché va trop vite, alors que l’inflation a jusque-là baissé sur la partie la plus facile (celle liée aux effets de base des prix de l’énergie), ce qui se reflète dans le retour de l’indice Vix de volatilité du S&P 500 à ses niveaux d’avant la pandémie de Covid (12,5).
Résultat, peu de classe d’actifs (hors devises) sont dans le rouge cette année désormais. Sur les marchés de taux, seuls les Gilts britanniques sont négatifs (-2%) alors que la dette américaine, dont le rendement à 10 ans a dépassé 5% en octobre, est revenue en territoire positif avec un gain limité de 0,6%.
Sur le crédit, le compartiment high yield domine les autres segments avec des gains totaux de 9% sur les marchés dollar et en euro. Les dettes émergentes ont conforté leur avance, notamment l’Amérique latine qui affiche un gain de 22%.
Sur les marchés actions, rares sont les places boursières qui ne sont pas dans le vert. Hong Kong fait exception avec une baisse de 10,6% cette année (-0,1% en novembre). La technologie américaine domine le palmarès avec un gain de 37% pour le Nasdaq depuis le début de l’année. La Bourse d’Athènes fait mieux avec un gain de 41%. L’indice Stoxx 600 européen progresse de 12,3%. En Europe, la Bourse de Madrid a connu en novembre un véritable rattrapage (+11,6%) portant ses gains à 27,1% cette année, mais toujours derrière la Bourse de Milan (+31,6%). Dans les émergents, le bond de 12,5% de l’indice Bovespa en novembre permet aux actions brésiliennes d’afficher un gain de 16% cette année, l’un des plus élevés (en dehors de Moscou et Istambul).
Les matières premières, notamment l’énergie et les produits agricoles, ont connu une année difficile, à l’image de leur mois de novembre. «Leur évolution est plus divergente en novembre, les prix de l'énergie ayant enregistré une nette baisse, tandis que d’autres, comme les métaux précieux, ont connu une forte hausse», relèvent les spécialistes de DB.
Le prix du baril de Brent a reculé de -5,2% en novembre malgré sa reprise vers la fin du mois sur l’anticipation de nouvelles réductions de production par l’Opep+. Mais le marché s’inquiète surtout du niveau de la demande en raison du ralentissement économique. En revanche, les prix de l’or ont atteint un plus haut sur 6 mois en novembre, terminant le mois en hausse de +2,6%.
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