Les investisseurs intègrent un rééquilibrage progressif du marché du pétrole
Dans son rapport annuel, l’Opep a revu à la hausse ses perspectives d’offre et de demande mondiale de pétrole pour un équilibre prévu en 2040.
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Patrick Aussannaire
Avec la croissance des classes moyennes dans les pays émergents, les transports continueront à peser près de 60% de la demande pétrolière mondiale.
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Photo UE Parlement Européen.
Les prix du pétrole semblent avoir mangé leur pain noir. Dans son rapport annuel publié hier, l’Opep (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole) a révisé à la hausse ses prévisions de demande et d’offre ces prochaines années, du fait de l’augmentation de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, et de l’amélioration des perspectives économiques et démographiques mondiales. La demande mondiale augmenterait de 6,9 millions de barils par jour (mbj) à 102,3 mbp en 2022, par rapport à 2016, et de 15,8 mbj en 2040, pour atteindre un point culminant de 111,1 mbj. Dans le même temps, les perspectives d’offre mondiale d’hydrocarbures liquides ont également été revues à la hausse, et devraient passer de 96,5 mbj cette année, à 101,1 mbj en 2020, puis de 111,3 mbj en 2040.
Selon une enquête Reuters publiée hier, la production de pétrole de l’Opep a reculé de 80.000 barils par jour en octobre. C’est l’effet principalement d’une baisse des exportations irakiennes, l’Organisation ayant respecté à 92% ses engagements pris, avec la Russie et d’autres pays producteurs hors Opep, pour réduire leur production d’environ 1,8 million de barils par jour (bpj) jusqu’en mars 2018, contre un taux de conformité de 86% au mois de septembre. En outre, la production cumulée du Nigeria et de la Libye, exemptés d’accord, est restée stable en octobre, la baisse du premier compensant la hausse du second. Les analystes anticipent que la réunion des membres de l’Opep à Vienne le 30 novembre se soldera par une prolongation de l’accord de réduction de la production jusqu’à la fin de l’année 2018.
Ce rééquilibrage du marché pétrolier, ainsi que les tensions croissantes en Arabie saoudite, ont permis au cours du Brent de progresser de près de 20 dollars depuis juin pour atteindre 64 dollars par baril, son plus haut niveau depuis mars 2015. Le cours moyen du Brent est remonté à plus de 53 dollars depuis le début de l’année, alors qu’il était tombé à 45 dollars l’an passé.
«Malgré le rebond de prix, la baisse de production de l’Opep doit être durable pour que le marché soit équilibré en 2018. Si la baisse de production a permis de fixer un niveau plancher sur les cours cette année et installer les fondations d’une amélioration des prix enregistrée en octobre, l’Opep ne doit pas considérer que les niveaux de prix actuels scellent la fin de ses efforts», alerte néanmoins Natixis.
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