Les groupes du CAC 40 ont accéléré leurs cessions d’actifs en 2013

Les inquiétudes sur les pays émergents favorisent un regain d’intérêt des opérations de M&A vers les marchés matures, selon Deloitte
Yves-Marc Le Réour

Les sociétés de l’indice CAC 40 ont accéléré le recentrage de leurs activités en 2013, montre la dernière étude du cabinet Deloitte sur la stratégie de ces acteurs en matière de fusions et acquisitions (M&A). Si les 128 acquisitions effectuées l’an dernier par ces entreprises reflètent une hausse de 17,4% par rapport à 2012, les cessions d’actifs ont augmenté deux fois plus rapidement (+35%) sur la même période pour atteindre 96 opérations.

Les transactions portant sur des valorisations supérieures à 500 millions d’euros ont progressé dans les deux cas, passant de 7 à 15 pour les acquisitions et de 13 à 17 pour les désengagements. Dans cette catégorie figurent la vente par Vivendi de sa part de 53% dans Maroc Telecom pour 4,2 milliards d’euros ou la cession de la quasi-totalité de ses parts dans Activision Blizzard pour 6 milliards d’euros. On peut également citer la vente par GDF Suez de sa part de 24,5% dans l’opérateur gazier slovaque SPP pour 1,3 milliard d’euros.

La recherche de relais de croissance dans les pays émergents reste importante pour ces grands groupes, mais «les risques juridiques, fiscaux, politiques, sociaux ou financiers propres à ces géographies lointaines sont plus présents à l’esprit des dirigeants notamment depuis l’été 2013», souligne le cabinet de conseil. Les inquiétudes sont particulièrement vives concernant l’Argentine, la Turquie, l’Ukraine, l’Indonésie ou la Thaïlande.

L’appréciation de l’euro a également contribué à un transfert partiel des flux de capitaux des pays émergents vers les Etats-Unis, l’Europe tirant parti d’une légère amélioration de ses perspectives économiques. Plus de 80% des acquisitions effectuées l’an dernier par les entreprises du CAC 40 ont donc ciblé des pays matures, contre 75% en 2012. Celles-ci espèrent conforter par ce biais leur position concurrentielle, sécuriser leur chaîne d’approvisionnement ou rationaliser leur structure de coûts. La proportion des cessions réalisées sur les marchés matures par ces grands groupes est restée quasi-stable (84% après 83%).

Concernant les perspectives de 2014, les entreprises du CAC 40 «font désormais preuve d’une volonté plus nette de réaliser des acquisitions stratégiques dites transformantes, afin de renforcer leur présence sur certaines technologies ou segments de marché», estime Sami Rahal, associé responsable Financial Advisory chez Deloitte.

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