Les grands LBO risquent de manquer d’ici à la fin de l’année
Les opérations de LBO pourraient avoir du mal à repartir après un mois d’août au point mort, notamment pour les sociétés de grande taille. Les différents mécanismes permettant de se financer (high yield…) se sont taris pendant l’été et les transactions devant arriver à la rentrée risquent de rencontrer des difficultés. D’autant que les banques, qui pour bon nombre d’entre elles ont atteint ou dépassé leur budget annuel de financement et cherchent à écouler la dette sur des marchés peu ouverts, semblent peu enclines à financer de nouveaux projets.
Pour les opérations arrivant à la rentrée, comme MIC ou Oberthur, de nombreux obstacles seront à franchir. «Il faut savoir si le financement a été syndiqué pendant l’été. Mais normalement, les gens essaient de voir les difficultés arriver», indique Stéphane Barret, managing director au Crédit Agricole CIB.
Une éventuelle réouverture du marché du high yield favoriserait les opérations, et la semaine prochaine sera un premier test. «Si le marché américain repart, je pense que le marché européen repartira aussi», estime Stéphane Barret, ajoutant que dans un environnement de taux faibles, le haut rendement reste un marché attractif pour les investisseurs institutionnels.
Dans le cas contraire, le grand gagnant de cette situation pourrait être le financement mezzanine, les sociétés étant prêtes à payer un peu plus cher pour boucler une opération.
«La mezzanine peut en profiter. On l’a bien vu sur Photonis (racheté par Axa PE) qui a une structure senior plus mezzanine», explique un professionnel. Et elle semble déjà en bénéficier puisque dans le cadre du plus gros LBO européen de l’année (voir tableau), Securitas Direct a dû abandonner le high yield et opter pour de la mezzanine. «Ce sont des fonds disponibles. Ils sont plus souples et libres dans leur capacité de décision et je pense qu’on va voir quelques opérations de leur part», prévoit Stéphane Barret. Cette solution devrait toutefois se limiter à des tickets de petites tailles, du fait de son coût élevé.
Si les petits LBO pourraient se boucler grâce à ce type d’options qui viennent «mettre un peu d’huile dans le moteur», les grosses opérations risquent de se faire rares dans les prochaines semaines dans de telles conditions de marché. La cession de Redcats, par exemple, aurait donc peu de chance d’être conclue cette année.
{"title":"","image":"77366»,"legend":"LBO»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Pimco s’attaque aux placements privés
Pimco, qui gère 2.300 milliards de dollars et s’est historiquement concentré sur les titres obligataires cotés en Bourse, a conduit ces derniers mois une série de transactions par placement privé, en prenant des positions importantes dans des opérations très médiatisées, rapporte le Financial Times. Parmi celles-ci figurent le financement de dette en temps de guerre pour des gouvernements du Moyen-Orient, un prêt à un fonds de crédit privé de Blue Owl dont les actions avaient chuté, ainsi qu’une contribution majeure au financement de gigantesques projets de centres de données pour Meta et Oracle. -
Alecta adopte une stratégie d’investissement climatique dans les pays émergents
Le plus grand fonds de pension de Suède vient de confier un mandat de gestion à impact dans les pays émergents à la société de gestion responsAbility Investments AG. -
Alice Pizza passe à une nouvelle recette capitalistique
Dans le cadre de ce tour de table, Quadrivio & Pambianco, Capdesia et CVC remplacent Green Arrow Capital et la famille fondatrice.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Think againQuand la justice française pousse TotalEnergies à quitter la France
En condamnant la compagnie pétrolière à inclure la consommation de ses clients dans le calcul de ses émissions de CO2, la justice la pousse à fermer ses stations-service en France, et montre à ses dirigeants la porte de l'expatriation -
Guerre en Ukraine : Poutine dit attendre la venue des négociateurs américains
« Nous attendons, une fois tous les événements terminés et la phase chaude sur le dossier iranien achevée, la venue de ces représentants de l'administration américaine que nous avons déjà rencontrés à Moscou », a déclaré Vladimir Poutine, dimanche 28 juin -
Les Etats-Unis et l'Iran acceptent de cesser leurs attaques et de se rencontrer mardi au Qatar
Un responsable américain a affirmé au média Axios que Washington et Téhéran cessaient leurs attaques « pour le moment » et que les navires pouvaient « circuler librement » dans le détroit d'Ormuz. Une autre source a annoncé qu'une rencontre entre les deux parties était prévue ce mardi 30 juin au Qatar