Les grandes BFI intensifient la chasse aux coûts

Avec le milliard de francs d'économies supplémentaires annoncées d’ici à 2015, Credit Suisse aura réduit de 18% ses charges par rapport à la base de 2011
Alexandre Garabedian

Credit Suisse reste dans la course aux économies. La banque a annoncé hier de nouvelles réductions de coûts en sus des programmes déjà mis en place, sans en préciser l’impact en termes de réductions d’effectif. Le groupe entend économiser 0,5 milliard de francs suisses en plus en 2014, et encore 0,5 milliard supplémentaire en 2015, soit un milliard au total en année pleine après cette date. Cela portera de 3 à 4 milliards l’effort réalisé par rapport à mi-2011, sachant que Credit Suisse a déjà réalisé la moitié de l’objectif (2 milliard) et avait annoncé en juillet un autre milliard de mesures.

Les 2 milliards de baisses de charges présentées en juillet et hier toucheront en priorité les frais d’infrastructures (1,1 milliard), la banque de financement et d’investissement (700 millions), la gestion d’actifs et la banque privée (100 millions chacune). Au total, entre 2011 et 2015, Credit Suisse aura réduit sa base de coûts de 18%, une proportion comparable à celle de 17% chez son concurrent Deutsche Bank, souligne CA Cheuvreux. Reste à connaître les objectifs d’UBS, qui pourrait annoncer de nouvelles suppressions de postes en marge de ses résultats le 30 octobre.

Les grandes BFI n’ont à vrai dire guère le choix. «Les exigences réglementaires plus élevées en capital diminuent la rentabilité que l’on peut attendre des activités de marchés de capitaux, et la baisse des revenus chez ces dernières exigent de toute façon des ajustements drastiques de ces plates-formes», notait hier Cyril Meilland, analyste chez CA Cheuvreux. Même si la désintermédiation doit favoriser, à terme, les grandes maisons obligataires, la baisse des coûts est le seul moyen de préserver la rentabilité dans un futur proche.

La bonne surprise des résultats publiés hier est pourtant venue paradoxalement de la BFI. D’un trimestre à l’autre, les revenus dans le fixed income ont progressé de 25% à 1,56 milliard, même si ceux du pôle actions et trading régressent de 12% à un milliard. L’activité conseil a progressé de 32% avec 903 millions de revenus. A l’inverse, la gestion de fortune est sous pression, avec une marge sur actifs gérés qui est tombée à 107 points de base contre 120 pb il y a un an.

Au total, Credit Suisse a dégagé un bénéfice net de 254 millions de francs, amputé par un milliard de charges comptables liées à l’appréciation de sa propre dette.

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