Les grandes BFI intensifient la chasse aux coûts
Credit Suisse reste dans la course aux économies. La banque a annoncé hier de nouvelles réductions de coûts en sus des programmes déjà mis en place, sans en préciser l’impact en termes de réductions d’effectif. Le groupe entend économiser 0,5 milliard de francs suisses en plus en 2014, et encore 0,5 milliard supplémentaire en 2015, soit un milliard au total en année pleine après cette date. Cela portera de 3 à 4 milliards l’effort réalisé par rapport à mi-2011, sachant que Credit Suisse a déjà réalisé la moitié de l’objectif (2 milliard) et avait annoncé en juillet un autre milliard de mesures.
Les 2 milliards de baisses de charges présentées en juillet et hier toucheront en priorité les frais d’infrastructures (1,1 milliard), la banque de financement et d’investissement (700 millions), la gestion d’actifs et la banque privée (100 millions chacune). Au total, entre 2011 et 2015, Credit Suisse aura réduit sa base de coûts de 18%, une proportion comparable à celle de 17% chez son concurrent Deutsche Bank, souligne CA Cheuvreux. Reste à connaître les objectifs d’UBS, qui pourrait annoncer de nouvelles suppressions de postes en marge de ses résultats le 30 octobre.
Les grandes BFI n’ont à vrai dire guère le choix. «Les exigences réglementaires plus élevées en capital diminuent la rentabilité que l’on peut attendre des activités de marchés de capitaux, et la baisse des revenus chez ces dernières exigent de toute façon des ajustements drastiques de ces plates-formes», notait hier Cyril Meilland, analyste chez CA Cheuvreux. Même si la désintermédiation doit favoriser, à terme, les grandes maisons obligataires, la baisse des coûts est le seul moyen de préserver la rentabilité dans un futur proche.
La bonne surprise des résultats publiés hier est pourtant venue paradoxalement de la BFI. D’un trimestre à l’autre, les revenus dans le fixed income ont progressé de 25% à 1,56 milliard, même si ceux du pôle actions et trading régressent de 12% à un milliard. L’activité conseil a progressé de 32% avec 903 millions de revenus. A l’inverse, la gestion de fortune est sous pression, avec une marge sur actifs gérés qui est tombée à 107 points de base contre 120 pb il y a un an.
Au total, Credit Suisse a dégagé un bénéfice net de 254 millions de francs, amputé par un milliard de charges comptables liées à l’appréciation de sa propre dette.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : le soutien croissant des Britanniques à l’UE peut-il rebattre les cartes du Brexit ?
Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une part importante des Britanniques est désormais favorable à un retour dans l’Union européenne. Alors qu’Andy Burnham envisage ouvertement une nouvelle adhésion, une telle perspective nécessiterait de longues négociations, sans garantie pour Londres de retrouver les dérogations dont il bénéficiait avant le Brexit -
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental