Les futures sur l’OAT favorisent l’écartement du spread avec le Bund
L’écartement du spread de la dette de la France refait parler de lui. Le mouvement de vente sur les OAT françaises enregistré depuis le début d’année semble avoir largement transité par le marché des futures, avec une explosion des positions ouvertes sur ces contrats, devenues nettement vendeuses. Elles ont atteint le nombre de 550.000, plus du double de la moyenne de 2016, soit un niveau record depuis la création du contrat à terme sur les obligations françaises en 2012. De son côté, Eurex fait état d’un bond du nombre de contrats sur les taux d’intérêts européens de 36% à 46,7 millions en janvier par rapport au même mois de 2016, alors que les contrats traités sur les dérivés actions ont eux accusé une chute de 24%.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte de poussée de fièvre sur l’ensemble des spreads. Si le rendement du Bund allemand à 10 ans est presque revenu, à 0,35% hier, sur ses niveaux de mi-janvier, avec une détente de 6 pb depuis le début de la semaine et de 13 pb depuis son point haut il y a deux semaines, les autres pays ont souffert. Le rendement de l’OAT et des obligations espagnoles à 10 ans se sont tendus de 35 pb, et le rendement des BTP italiens à 10 ans de 50 pb depuis un mois. Dans ce contexte, le spread entre l’OAT et le Bund flirtait hier avec les 80 pb, alors que celui des BTP a même franchi le seuil des 200 pb. La hausse du rythme de rachats de la BCE à 2,2 milliards d’euros sur la semaine achevée le 3 février, a pourtant exercé un effet de compression des spreads.
Face à la montée des discours populistes, les membres de la BCE sont sortis du bois. Benoit Cœuré, a prévenu hier dans Le Parisien qu’une sortie de l’euro entraînerait une hausse des taux et de la dette des entreprises et des ménages. «Vouloir sortir de l’euro et dévaluer notre monnaie pour être libre de faire plus de déficit, ce serait oublier que le financement de la dette française coûterait nettement plus cher : plus de 30 milliards d’euros par an à terme», a ajouté François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Quant à Mario Draghi, il a alerté qu’en cas de sortie de l’Eurosystème, «le passif et la dette de la banque centrale nationale auprès de la BCE devront être intégralement soldé». De son côté, Natixis estime qu’un retour au franc ferait exploser le spread de la France à un niveau d’environ 200 pb.
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