Les Français privilégient l’immobilier et l’assurance vie pour leur retraite
Les placements financiers des Français ont atteint des records en 2019, selon l’étude annuelle de BPCE sur l’épargne des ménages. Le gain de pouvoir d’achat lié aux mesures fiscales n’a pas eu les effets prévus sur la consommation, du fait d’un retard habituel dans la transmission aux dépenses, accentué par le ralentissement économique et l’augmentation de la part des dépenses «peu arbitrables» ces dernières années, rappellent Alain Tourdjman et Eric Buffandeau, directeur et directeur adjoint des études économiques de BPCE. Les ménages ont donc légèrement augmenté leur intention et leur taux d’épargne, autour de 15%, ainsi que leurs placements financiers, de +38% autour de 90 milliards d’euros en 2019 (hors titres détenus en direct et intérêts capitalisés), soit un niveau de collecte historique.
Les produits gagnants restent les livrets d’épargne (33 milliards), qui ont profité d’une mauvaise fin d’année 2018 sur les marchés boursiers, les dépôts à vue, qui atteignent un pic historique de près de 40 milliards, et les contrats assurance vie (25,9 milliards). «Compte tenu de la décision des assureurs de freiner les entrées sur les contrats en euros, les contrats en unités de compte ont gagné du poids mais la dynamique reste fragile, les investissements risqués comme les actions n’étant pas encore toujours bien compris et assumés», explique Eric Buffandeau, qui voit ces tendances se poursuivre en 2020.
Les Français sont plus que jamais préoccupés par l’épargne moyen-long terme pour leur retraite, mais continuent de privilégier l’acquisition de leur résidence principale et l’assurance vie aux produits spécifiques. Les Plans d’épargne retraite populaires (PERP) n’ont jamais vraiment décollé (près de 2,3 millions de contrats pour 19,2 milliards à fin 2018), et les 136 milliards détenus via les supports collectifs (Perco, PERE, etc.) ne représentent pas une masse critique suffisante pour constituer le socle d’un troisième pilier de la retraite. «La loi Pacte a simplifié le choix en créant le PER (Plan d’épargne retraite) au 1er octobre 2019, avec un produit individuel et deux produits collectifs, la possibilité de sortie en capital et non plus seulement en rente viagère. Mais, malgré l’intérêt évident des salariés qui n’en détiennent pas encore, et le succès des premières offres (83.490 contrats souscrits en trois mois selon Bercy), le dispositif reste trop complexe et méconnu pour l’imaginer atteindre l’objectif de 300 milliards en 2022», conclut Alain Tourdjman.
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