Les fonds infrastructures rencontrent à nouveau la faveur des investisseurs
Après le trou noir de 2009, quand 10,5 milliards de dollars avaient été collectés, les fonds infrastructures suscitent à nouveau l’intérêt. En témoigne le véhicule Antin Infrastructure Partners 2 (Antin 2), dont la levée a atteint son plafond de 2 milliards d’euros en dix mois. Il consacrera entre 100 et 400 millions d’euros à 10 - 12 entreprises exerçant dans des secteurs comme les ports, aéroports, l’énergie ou les télécoms. En revanche, il ne s’intéresse pas aux actifs ou projets d’infrastructures tels quels.
Selon Preqin, il s’agit du deuxième montant le plus important pour un fonds européen depuis 2007, derrière celui de Macquarie levé il y a un an (à 2,75 milliards d’euros). C’est un gage de crédibilité pour Antin Infrastructure Partners (Antin IP), dont le premier fonds, datant de 2007, avait atteint 1,1 milliard. Antin 2 est allé au-delà de son objectif initial de 1,5 milliard; il pourrait dépasser les deux milliards grâce au co-investissement. La société de gestion, constituée en 2007 par Alain Rauscher (ancien de BNP Paribas), a créé deux «clubs» à cet effet. Ils regroupent au total dix investisseurs, qui pourront investir à peu de choses près à concurrence de leur contribution. Mais alors que ce mécanisme est répandu dans les fonds de private equity traditionnels, les dirigeants d’Antin IP ne s’attendent pas à une utilisation massive. Aucun investisseur n’avait saisi les propositions dans Antin 1.
Règle Volker oblige, BNP Paribas, qui avait engagé 150 millions d’euros dans Antin 1, n’a pas remis la main à la poche, mais sa filiale d’assurances Cardif a renouvelé sa contribution de 150 millions. Les investisseurs français ne représentent plus que 20% du montant du fonds, contre 30% pour le précédent. La contribution hors-Europe est passée de 20% à 35%.
En 2013, la collecte mondiale dans la classe d’actifs a quasiment retrouvé le niveau record de 2007 – 40,7 contre 44 milliards de dollars. En Europe, ces véhicules ont réuni 13,5 milliards de dollars en 2013, contre 6,5 milliards en 2012 et 2,8 milliards en 2009. Les ambitions d’Antin IP illustre ce retour de confiance: de 35 professionnels aujourd’hui (dont 9 associés), la société veut atteindre la cinquantaine (dont 11 associés) dans deux ans.
Si les investisseurs se tournent à nouveau vers le Vieux Continent, ils ne négligent pas pour autant les émergents: le français Méridiam espère lever 300 millions d’euros pour son premier fonds africain.
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