Les fonds de LBO suivent les industriels dans la flambée des prix de leurs acquisitions
Tous les ingrédients de la hausse des valorisations sont réunis: «rareté, liquidité et Bourses élévées» favorisent l’inflation du prix des grosses PME européennes, constate Gilles Mougenot, fondateur du fonds de capital-investissement Argos Soditic. Les multiples d’acquisition des entreprises non cotées de la zone euro (valorisées entre 15 et 150 millions d’euros) ont bondi à 8,6 fois l’Ebitda au deuxième trimestre, contre 7,8 fois à fin mars, selon le dernier baromètre Epsilon Research pour Argos Soditic.
Un peu à la traîne depuis six mois, les fonds rattrapent en partie leur retard (à 8,3 fois) sur les acquéreurs industriels (8,9 fois), mais ils ne pèsent que 15% du marché contre 20% l’an dernier. Globalement, les prix payés dépassent les niveaux de 2007 (8,4 fois l’Ebitda) et tutoient désormais le record de 2006 (9,1 fois). Après l’éclatement de la bulle financière, les valorisations étaient descendues à 5,7 foisau premier semestre 2009. Côté demande, les cibles bénéficient de l’afflux de liquidités chez les acquéreurs industriels, notamment les sociétés cotées (60% des acheteurs comme en 2007), et chez les fonds de LBO qui disposent d’une dry powder (argent disponible) record et d’un large accès à la dette. Côté offre, seules les plus belles sociétés sont mises sur le marché, estime Gilles Mougenot: les fonds retiennent encore leurs participations les moins prometteuses s’ils ne sont pas contraints à vendre par leurs investisseurs ou par la durée légale de leurs véhicules. Face à la «forte reprise des opérations d’envergure (Numericable, Alstom, etc.)», les fusions-acquisitions de midcaps se distinguent du coup par un faible niveau d’activité. Depuis un an, Espilon Research enregistre 250 transactions en moyenne chaque trimestre pour 4 milliard d’euros, loin des 15 à 20 milliards par semestre en 2006-2007.
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