Les fonds de dette tiennent davantage leurs promesses que les autres segments du non-coté
Si les investisseurs institutionnels admettent que les rendements du capital investissement dépassent la plupart des autres classes d’actifs, leurs espoirs n’en sont pas moins souvent déçus. C’est en tout cas ce qui ressort de l’enquête consacrée au private equity par Bfinance et publiée vendredi.
93% des 41 investisseurs (limited partners, ou LP) interrogés par le cabinet de conseil en opérations financières ont assigné un objectif de taux de rendement interne (TRI) supérieur à 10%. Or, la moitié seulement des fonds lancés depuis 1980 ont dégagé une telle performance.
L’écart le plus sensible s’illustre dans les fonds de situations spéciales – qui investissent dans des sociétés confrontées à des difficultés d’ordre financière ou stratégique. Etant donné leur degré de risque important, 97% des investisseurs s’attendent à enregistrer un rendement supérieur à 10%, alors que seuls 24% d’entre eux ont vu leurs exigences satisfaites.
Sans réelle surprise, la catégorie des fonds venture (capital-risque) affiche également un écart important. Si 87% des LP espèrent un TRI supérieur à 10%, 56% n’atteignent pas ce taux. En effet, cette catégorie d’investissement – dans les sociétés naissantes et souvent dans des secteurs innovants – souffre d’une grande incertitude dans la régularité des rendements, quelques immenses succès devant compenser l’échec de la plupart des sociétés du portefeuille.
La plus forte adéquation se retrouve dans les fonds qui investissent dans la dette (acquisitions à effet de levier): l’écart entre les attentes et les TRI historiques n’est que de 4 points (74% contre 70%). Les fonds de LBO suscitent également des espoirs en relation avec leurs performances passées (89% contre 73%).
Toutefois, l’étude note des différences marquées dans les méthodes des LP, pouvant expliquer les écarts, parfois importants, entre les aspirations et les rendements effectifs. Si 45% des investisseurs détenant plus de 5 milliards d’euros d’actifs gèrent leur portefeuille de manière dynamique, ils ne sont que 29% chez les LP dans la catégorie inférieure. En outre, 35% des grands LP construisent un portefeuille sur mesure, alors qu’ils ne sont que 20% à le faire dans leur ensemble.
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