Les Européens sont prêts à entamer la phase 2 des négociations pour le Brexit
Enfin ! Après plusieurs mois de négociations difficiles, le Conseil européen devrait ouvrir demain la voie à la seconde phase des négociations du Brexit. Les «lignes directrices» qui doivent être adoptées lors d’une session des 27 chefs d’Etat, et que L’Agefi a pu consulter, reconnaissent d’emblée que des «progrès suffisants» ont été accomplis sur les questions prioriaires (budget, droits des citoyens, frontière irlandaise), comme annoncé la semaine dernière par la Commission européenne. L’intérêt de ces «lignes directrices» réside dans la suite.
Premièrement, les Européens acceptent le principe d’une période de transition de deux ans après la sortie du Royaume-Uni. Ils précisent que cette période doit être «dans l’intérêt de l’Union européenne», qu’elle sera «limitée dans le temps», et qu’elle impliquera l’application par Londres de tout le droit européen – y compris la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE, une contribution au budget européen et l’interdiction de conclure des accords commerciaux (le commerce est une compétence exclusive de l’UE). Le texte précise également que Londres ne pourra plus participer aux décisions politiques européennes, même si un statut d’observateur peut être négocié pour certaines agences. «Cet accord de transition, ce sera ‘tout, sauf les institutions’», résume un diplomate européen.
Deuxièmement, les 27 se disent prêts à lancer des discussions sur le futur accord commercial qui les liera au Royaume-Uni après le départ de ce dernier. Cela devrait se faire à partir de mars 2018, une fois adoptées des lignes directrices spécifiques à ce sujet. Ils précisent toutefois dès maintenant qu’ils espèrent conserver un partenariat «étroit» avec l’Angleterre.
C’est là que les difficultés pourraient commencer. Jusqu'à présent, les 27 ont fait preuve d’unité, mais la négociation du futur accord commercial pourrait réveiller des intérêts divergents. «Il risque d’y avoir un Etat qui veut quelque chose sur l’aviation, un autre sur les services financiers, un autre sur le commerce des biens, etc..., reconnaît une source européenne. Même si c’est difficile, il faudra maintenir notre unité».
Reste à savoir dans quel état d’esprit la Première ministre Theresa May abordera les négociations: le Parlement britannique lui a infligé un camouflet hier soir en votant à une courte majorité un texte l’obligeant à faire adopter par Westminster tout accord qu’elle serait susceptible de trouver avec Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
Le FMI alerte sur trois risques qui pourraient mettre à mal la stabilité financière
Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds monétaire international en appelle aux gouvernements pour renforcer la résilience du secteur financier face aux dangers que représentent l’IA, la hausse des rendements obligataires et les cyberattaques. Trois risques interdépendants qui pourraient se cumuler. -
Washington conclut un accord avec Moscou sur le gazole
La Russie s’est engagée à livrer immédiatement plus de 300.000 tonnes de diesel sur le marché américain et mondial en contrepartie de sanctions allégées. -
Le Conseil d'analyse économique fixe ses priorités pour redresser l’économie française
Dans une note collective, les économistes formulent huit recommandations prioritaires dans les grands domaines de l’action publique avec pour objectifs de transformer le moteur productif et social français et de renforcer la résilience du pays. Le tout sans aggraver le déficit budgétaire.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Flux sortantLes exportations chinoises surfent sur la vague de l'intelligence artificielle
Grâce à un bond de plus de 36 %, le commerce extérieur continue de soutenir l'économie du pays -
« Les victimes s’en souviendront » : pourquoi LFI a refusé de voter la loi intégrale
Les députés insoumis se sont abstenus lors du vote de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale -
« Une épreuve de force » : Marine Le Pen veut imposer un bras de fer à l’UE
Dans un entretien au Financial Times, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle explique vouloir tailler dans le budget bruxellois et bousculer les traités pour affaiblir la Commission européenne de l'intérieur, sans quitter la zone euro