Les eurodéputés rendent leur copie sur la compensation des produits dérivés
Après plusieurs reports et l’examen de centaines d’amendements, le Parlement européen va finalement arrêter mardi sa position sur le dossier des dérivés et des infrastructures post-marché dit Emir. Un large consensus s’est dégagé ces dernières semaines entre les deux groupes majoritaires, socialistes et chrétiens-démocrates, et les Verts, sur ce texte qui traduit l’engagement pris au G20 de recourir à la compensation centralisée pour toutes les transactions sur contrats dérivés standardisables.
«Nous sommes assez proches du texte de la Commission», a commenté lundi Pascal Canfin. L’eurodéputé du groupe des Verts juge le compromis parlementaire «légèrement mieux-disant sur le contrôle du marché». «Nous avons aussi fait en sorte d'éviter que la concurrence entre chambres de compensation tire vers le bas les systèmes de contrôle des risques, grâce au rôle renforcé de l’Esma», l’Autorité européenne des marchés, ajoute-t-il.
Cependant, les fonds de pension néerlandais devraient obtenir une exemption temporaire qui n’était pas dans le texte original. Les opérations liées à la trésorerie des groupes non financiers échappent elles aussi à l’obligation de compensation centralisée.
Autre enjeu central d’Emir: l’accès des chambres de compensation à la liquidité. «La proposition française de demander aux chambres d’avoir une licence bancaire qui leur garantisse l’accès à la monnaie banque centrale en cas de crise n’est pas passée», concède Pascal Canfin. Une majorité a estimé que cet accès n’était pas indispensable et risquait de fragmenter le marché. «Pendant la crise, quand il a fallu déboucler beaucoup de positions après la faillite de Lehman, dans la plupart des cas les chambres de compensation ont trouvé de la liquidité» sans avoir accès à la monnaie banque centrale, juge Laurence Walton, directeur affaires réglementaires dérivés de Nyse Euronext.
Enfin, le degré de concurrence qu’il convient d’introduire entre chambres continue de faire débat. L’interopérabilité entre chambres pour les produits cash a été maintenue. Elle est en principe exclue pour la compensation des dérivés, au moins jusqu’à 2014. Mais pourrait réapparaître «par une voie détournée» via une discussion visant à «changer le champ d’application d’Emir», selon Laurence Walton.
Reste maintenant aux ministres des Finances à adopter une position afin de lancer des négociations avec le Parlement. L’adoption du texte ne devrait pas intervenir avant l’automne.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement