Les émetteurs européens sont aujourd’hui mieux armés face à la récession
La situation est grave mais pas désespérée. Certes Standard & Poor’s a relevé hier son estimation de taux de défaut pour les émetteurs européens non financiers en catégorie spéculative cette année. Mais cette hausse devrait s’avérer «modeste» aux yeux de l’agence, et, surtout, la situation devrait rester moins dramatique que lors de la précédente crise, il y a trois ans.
Sur fond de détérioration tant du cadre macroéconomique (qui érodera qui plus est l’appétit des investisseurs) que des conditions de financement de la part de banques rendues frileuses par une réglementation plus contraignante, ce taux de défaut grimpera en 2012 selon le scénario de base de S&P de 1,3 point à 6,1%. 41 émetteurs seraient alors concernés au sein des trente pays scrutés, les Vingt-Sept et l’Association européenne de libre-échange (Norvège, Suisse, Islande). L’agence accorde une probabilité de 60% à ce scénario marqué par une récession «superficielle» au premier semestre, avec une croissance de 0,4% sur l’année.
En cas de contraction économique «profonde et prolongée», le taux de défaut pourrait atteindre 8,4%, voire davantage. S&P avance que le volume de défauts a été «artificiellement» atténué au cours des deux dernières années par le «comportement accommodant» de créanciers seniors qui désormais se doivent d’être plus rigoureux face au mur d’échéances de remboursement se dressant à l’horizon 2013-2014.
Pour autant, ces taux attendus en 2012 demeurent bien inférieurs à celui de 14,7% observé sur douze mois à l’automne 2009. S&P estime ainsi que les émetteurs sont mieux préparés aujourd’hui face au choc de la récession, même si l’agence précise que cet avis vaut particulièrement pour les émetteurs en catégorie investisseurs et pour les mieux notés en catégorie spéculative. Pour ceux de ces derniers dont la note est supérieure à «B+», le taux de défaut attendu en 2012 est d’ailleurs limité à 0,7%. Une position renforcée à coups de stratégies financières «plus conservatrices» et de trésorerie plus abondante.
Dans ce contexte, les sociétés disposant d’une présence mondiale seront davantage à l’abri grâce au relais de croissance des marchés émergents, tandis que celles exposées à leurs marchés domestiques au sein des pays les plus touchés par la crise de la dette souveraine en euro courent les plus grands risques en termes de notation.
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