Les élus ayant des prêts toxiques veulent 3 milliards d’euros d’aide
Les élus aux prises avec des emprunts toxiques se disent prêts à faire un effort si le gouvernement consent à dégager jusqu’à 3 milliards d’euros pour les aider. Le bureau de l’association Acteurs publics contre les emprunts toxiques (APCET), qui regroupe environ 90 collectivités en difficulté financière, s’est réuni hier pour discuter de la proposition du gouvernement de créer un fonds de soutien pour les collectivités qui peinent à rembourser leurs emprunts structurés.
Les élus souhaitent surtout trouver une solution pour les quelque 4 milliards d’euros de prêts logés à la Société de financement local (Sfil) qui sont considérés comme les plus sensibles (sur un total de 8,4 milliards d’emprunts sensibles) car ils sont par exemple indexés sur l’euro/franc suisse. «Notre association considère que les collectivités pourraient accepter de payer un taux fixe sur les prêts toxiques évoqués à hauteur de 5%», explique Maurice Vincent, président de l’APCET et sénateur-maire de Saint-Etienne.
Aux yeux de l’élu, il s’agit d’un «effort important», de l’ordre de 1,1 milliard d’euros sur les 4,2 milliards que coûterait la sortie de l’ensemble de ces prêts. Autrement dit, «il faudrait que l’Etat trouve de son côté environ 3 milliards d’euros», pour aider les collectivités ainsi que les autres établissements publics concernés par les emprunts structurés comme les hôpitaux. La somme nécessaire pourrait être réduite autour de 2,5 milliards d’euros si ces derniers consentent également à faire un geste. A Bercy, on parle d’un fonds de 750 millions à 1 milliard d’euros, qui serait notamment alimenté par le secteur bancaire.
Les élus veulent des garanties sur la taille du fonds mais aussi sur sa gouvernance. «Nous n’accepterons pas que ce fonds soit géré uniquement par Bercy», a insisté Maurice Vincent. A ses yeux, une autorité indépendante ou des élus représentés à parité avec l’Etat devraient garantir à toutes les collectivités l’accès aux fonds. Si le gouvernement accède à toutes ces conditions, l’association estime que les collectivités abandonneront les recours qu’elles ont lancés contre la Sfil. Les élus assurent cependant qu’ils seront vigilants sur les modalités de la «loi de validation» annoncée par le gouvernement, qui permettrait aux banques de ne pas être condamnées malgré la décision du Tribunal de grande instance de Nanterre.
Plus d'articles du même thème
-
A Taïwan, les gérants de fonds négocient le retour des portables pendant les heures de trading
Depuis 2024, les gérants de fonds travaillant à Taïwan sont interdits d’utiliser leurs téléphones portables durant les heures de trading de la Bourse locale – entre 9h et 13h30 – afin d’empêcher, entre autres, les délits d’initiés. -
La Société de la Tour Eiffel va quitter la Bourse après douze ans sous contrôle de SMABTP
Entré au capital en 2014, l'assureur mutualiste a consolidé sa position au fil d'une recapitalisation contestée de la foncière cotée.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
IA-commerceCdiscount continue sa mue technologique avec son « usine agentique »
L'enseigne dirigée par Thomas Métivier déploie une infrastructure où plusieurs intelligences artificielles coopèrent pour accélérer et sécuriser le développement logiciel -
Coulisses« Ferme » mais ouvert au dialogue : ce Français chargé de négocier avec la Chine
La Commission européenne a nommé cet été un Monsieur Chine, dont la mission consiste à coordonner le travail en interne et à aller au contact des négociateurs de Pékin -
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux